A la nécessité. — Cf. à t occasion
j. Somme. — Voir page 140, note 2.
4. D'autres que Montaigne, au xvr siècle, .-ipprirent le latin dès leurs plus jeunes années. — H.
Estienne commença vers ses six ans. (Voir Etude sur H. Estienne, par Feugère.) — Dans Sa vie à ses enfants, .^grippa d".\ubigné nous dit : « Des qu.itre ans accomplis le père luy amena de Paris précepteur Jean Côttin, homme astorge (dur) et impiteux, qui luy enseigna les lettres latine, grecque et hébraïque à la fois, ceste méthode suivie par Peregim. son second précepteur, si bien qu'il lisoit aux quatre langues .i dix ans. Après on luy amena Jean Morel Parisien, assez renommé, qui le traita doucement, a
5. Nicolas Grouchy ou Grouché (Gruchius en latin), 1520-1572, helléniste et philosophe, professa à Bordeaux, à Paris, en Portugal.
6. Sur les comices des Romains, ouvrage publié en 1555 à Paris et reproduit (tome i") dans les Antiquités romaines de Grévius.
Guillaume Gucrentc ■ , qui a commente Aristote ; George Bucanan - , ce grand poëte escossois ; Marc Antoine Muret î, qui m'ont esté précepteurs domestiques, m'ont dict souvent que j'avois ce langage en mon enfance si prest et si à main, qu'ils craingnoient eux mesmes à m'accoster4. Bucanan, que je vis depuis à la suite de feu monsieur le mareschal de Brissac, me dit qu'il estoit après à > escrire de l'institution des enlans, et qu'il prenoit le patron de la mienne ; car il avoit lors en charge ce comte de Brissac ^ que nous avons veu depuis si valeureux et si brave.
Quant au grec, duquel je n'ay quasi du tout point d'intelligence ', mon père desseignoit * me le faire apprendre par art, mais d'une voie nouvelle, par forme
1. Ce Guillaume Guerente ne nous est connu que par ce que Montaigne nous en dit : il fit des tragédies et commenta Aristote.
2. George Bucanan ou Buchanan, poète et historien écossais, né en 1506, mort en 1582 ; professa à Paris, à Coïmhrc et à Bordeaux.
C'est dans cette dernière ville qu'il connut Montaigne tout enfant.
Revenu en Ecosse, en 1560, il s'unit aux ennemis de Marie Stuart, entraîné par leur chef, son ancien élève", Murray, et joua un rôle politique. Les Etats le chargèrent de l'éducation du jeune roi Jacques VI, qui devint plus tard roi d'Angleterre sous le nom de Jacques 1". On lui reprochait d'en avoir fait un pédant. « C'est, répondit-il, tout ce que j'ai pu en faire de mieux. » Ses tragédies latines v-tiient célèbres. « J'ay soustenu 'es premiers personn.iges es tragedic!i latines de Buchanan, de Pucrcnte et de Muret, qui se rcpresentarenl en nostre collège de Guienne, avec dignité. » (^Essais, même chapitre, plus loin.)