Celte miemu. — Voir page 43, note
3. U arrivée. — Tout (T abord, d'emblée. — Voir page 80, note 6.
4. Si vraiment Montaigne ne trouva pas dans les leçons du collège plus grand profit qu'il ne veut bien le dire, faut-il croire que ce fut uniquement la faute du collège?
Ne serait-ce pus plutôt celle de sa mollesse et de sa nonchalance î Du inoins, alors que la noblesse de son temps ne gardait guère des études de jeunesse que « la haine des livres », Montaigne rapporta de îa ■ gcaule 1 l'amour de la lecture, l'amour des grands auteurs latins, Ovide, Virgile, Plaute, Térence — comme il va l'expliquer — et l'habitude de réfléchir. C'est U un « fruict » qu'il eût pu mettre en compte •. Il est vrai qu'il en renvoie le mérite à « un homme d'entendement de précepteur », qui le Kiissa • dextrcment » s'.ippliquer
à tout autre chose qu'aux n leçons contraintes » et lire, en dehors du programme, les auteurs latins ou italiens vers lesquels il se sentait attiré.
5. n. — La vieille langue, de formation surtout populaire, aimait, conformément aux habitudes du peuple, à reprendre par un pronom I>ersonnel un sujet substantif déjà exprimé. Cet emploi pléonastique àM pronom avait lieu particulièrement quand le sujet était séparé de son verbe par un membre de phrase.
Ex. : « Li niés Marsilie, // est venuz avant. » (Chans. de Roi.) Et encore dans Rotrou : « Qui se choisit un prince il se fait son sujet. » — C est de cet emploi pléonastique que tire son origine la forme de l'interrogation : « Son père arrivc-t-/7? » Car l'ancienne langue, justement dans la forme intcrrogative, ne connaissait pas ce pléonasme et disait : « Arrive son père ? »
6. Nous disons les Métamorphoses. C'est encore le livre que l'on met, avec r.iison, entre les mains des tout jeunes enfants.
estoit la mienne maternelle, et que c'estoit le plus aisé livre que je cogneusse, et le plus accommodé à la foiblesse de mon aage, à cause de la matière : car des Lancelots du Lac ■, des Amadis ^, des Huons de Bordeaus 5, et tels fatras de livres à quoy la jeunesse s'amuse, je n'en connoissois pas seulement le nom, ny fais encore le corps ■*, tant exacte estoit le soing qu'on avoit à mon institution. Je m'en rendois plus lâche à l'estude de mes autres leçons contraintes 5. Là, il me vint singulièrement à propos d'avoir affaire à un homme d'entendement de précepteur ^, qui sceut dextrement cor liver " à cette mienne desbauche et autres pareilles. C par là j'enfilay tout d'un train Vergile en l'.Eneide, e , puis Terence, et puis Plaute, et des comédies italienes, lurré ^ tousjours par la douceur du subject. S'il
1. Lanulot du Lac est un roman de chevalerie de Chrestien de Troyes, xii' siècle.
2. Les Amadis (Amadis de Gaule ou de' Galks, Amadis de l'Astre, Amadis de TrèhixpndS) formaient une sorte de cvdc de romans se rapportant à divers héros qui n'ont de commun que le nom. Ils parurent en Espagne dés le xiv° siècle.
Traduits en français, au xvi' siècle, par Hcrberay des Essarts et sur la demande de François I", ils entretinrent l'ardeur chevaleresque de nos ancêtres et le goût des grands récits épiques ; aussi exercèrent-ils une grande influence sur notre littérature. Voir E. Baret, De P Amadis de Gaule et de son influence sur la littérature et sur les moeurs au XVI' et au X ni' siècle, Paris, 1853.
3. Huon de Bordeaux est le titre d'une chanson de geste du xiii' siècle, celle dans laquelle le nain Obéron joue presque le rôle de personnage principal. Wicland a développé la légende du Huon dans son ( ^Vvdh ilii-m.ind.
4. C.-à-d. le corps des oui'rages, A contenu. — Ce dédain de.Montaign pour ces vieux contes de Gaiil.
m.irque bien la réaction qui s'était faite dans les esprits en faveur des souvenirs de l'antiquité contre les idées et les enthousi.ismes du moyen âge.
5. Variante dans l'édition de 159s • " J"^ m'en rendais plus nonchalant à l'estude de mes autres leçons prescrites. »
6. Comme on dirait : un braii homme de précepteur. Homme d'entendement est une sorte de nom composé. — « Un saint homme de chat... » (La Fontaine.)
7. Conniver. — Du latin connivere, cligner les yeux. C.-à-d., au sens figuré, fémur les yeux sur ce qui se fait, d'où être complice, être de connivence.
8. Lurré. — Ou leurre. Proprement, terme de fauconnerie qui veut dire attirer. Donc : alléché, séduit.
eût cst(^ si fol de rompre ce train, j'estime que je n'eusse raporté du collège que la haine des livres, comme tait quasi toute nostre noblesse. Il s'v porta bien dextrement >, faisant semblant de n'en voir rien : il aiguisoit ma faim, ne me laissant que à la desrobée fijourmander ces livres, et me tenant doucement en ofhce ' pour les autres estudes plus nécessaires ; car les principales parties que mon père cherchoit à ceux à qui il donnoit charge de moy, c'estoit la debonnaireté * et facilité de complexion > : aussi n'avoit la mienne autre vice que la pesanteur et paresse. Le danger n'estoit pas que je fisse mal, mais que je ne fisse rien. Nul ne prognostiquoit que je deusse devenir mauvais, mais inutile ; on y prévoyait de la stupidité ^, non pas de la malice '.
1. « Il s'y f;ouverna ingàii^usement. » (Variante Je 159;.) Dcxlrcment est employé quelques lignes plus haut ; on voit ici le soin de Montaigne à éviter les répétitions, et. d'une manière générale, â parfaire son style.
2. Gourmander. — Manger en gourmand, c.-à-d. Vre avidement, dcivrer ces livres. Ronsard dit, dans le sens propre : « Gourmandfr (manger) leur bien. »
; ' ■■ - Sens étymologique
I»;, dtfoir.
4. . ' ireté. — De débonnaire {de-bon-air), c.-i-d. air bon, et par suite bonté, douceur. Le mot est vieilli, mais pourrait s'employer encore.