‹ Extraits de MontaigneChapitre 175 sur 353 · chapitre le prouve, — garda toujours le souvenir de son ami · texte numérisé non relu

chapitre le prouve, — garda toujours le souvenir de son ami

5.' N^a\aut pas attaiitt le dixhuitiesme un de sou aagc fut supprimé dans l'édition de 1595. Montaigne semble donc avoir doute de sa première alTirmation. A la fin de ce même chapitre, il dira : « Oyons un peu parler ce garson de dix-httict ans. » Cela dans l'édition de 1588 que nous suivons. L'édition de 1 595 donne : Oyons un peu parler ce garson de sei^c ans. » On le voit, .Montaigne n'était pas, sur ce point, bien fixé. Il est, du moins, de toute certitude que La Boétie retoucha son livre dans la pleine maturité de son talent : certaines pages, par la vigueur de la pensée, dénotent un esprit sur de lui. — Pourquoi .Montaigne tenait-il à rajeunir l'auteur de la Scn-ltnde tvlonlaire} Sans doute dans le but de faire prendre pour un exercice d'écolier, à qui les souvenirs de l'antiquité seraient montés à la

^iSAIS DE MONTAIGN'E l8l

l'honneur Je la liberté contre les tyrans. Il court picça es mains- des gens d'entendement, non sans bien grande et méritée recommandation, car il est gentil 3 et plein ce qu'il est possible 4. Si y a il bien à dire >, que ce ne soit le mieux qu'il peut faire; et si en l'aage que je l'ay conneu plus avancé, il eût pris un tel desseing que le mien de mestre par escrit ses fantaisies, nous verrions plusieurs choses rares et qui nous approcheroient bien prés de l'honneur de l'antiquité : car, notamment en cette partie des dons de nature, je n'en connois point qui luv soit comparable. Mais il n'est demeuré de luy que ce discours, encore par rencontre, et croy qu'il ne le veit onques depuis qu'il luy eschappa *', et quelques mémoires sur cet edict de janvier ' fameus par nos guerres civiles, qui trouveront encores ailleurs leur place. C'est tout ce que j'ay peu recouvrer de ses reliques, outre le livret de ses œuvres que j'ai fait mettre en lumière ** ; et si suis obligé particulièrement à

tète, cette éloquente invective contre les tyrans, cetre profession de foi républicaine qui pouvait paraître compromettante. Le souci de défendre la mémoire de son ami est visible quand il écrit (fin du chapitre) : « Ce subjcct fut t:aicté par luy en son enfance, par manière d'cxercitation seulement. »

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