‹ Extraits de MontaigneChapitre 178 sur 353 · Aristippus » (lidition de IS · texte numérisé non relu

Aristippus » (lidition de IS

on le pressoit de raffcction qu'il devoit à ses enfans pour cslrc sortis de luy, se mit à cracher : « Et cela, dict-il, en est aussi bien sorty ; nous engendrons aussi

bien des pouz et des vers. »

C'est à la vérité un beau nom et plein de dilection que le nom de frère, et à cette cause en fismes nous luy ei moy nostre alliance ; mais ce meslange de biens, ces partages, et que la richesse de l'un soit la pauvreté de l'autre ', cela detrampc merveilleusement et relasche cette soudure fraternelle : les frères ayants à conduire le progrez de leur avanccineut en mesme sentier et mesme train, il est force qu'ils se hurtent et choquent souvent. D'avantage, la correspondance et relation qui engendre ces vrayes et parfaictes amitiez, pourquoy se trouvera elle en ceux cy ? Le père et le fils peuvent estre de complexion entièrement eslongnée, et les frères aussi : c'est mon fils, c'est mon parent, mais c'est un homme farouche, un meschant ou un sot. Et puis, à mesure que ce sont amitiez que la loy et l'obligation naturelle nous commande, il y a d'autant moins de nostre chois et liberté volontaire ; et nostre liberté volontaire n'a point de production qui soit plus proprement sienne que celle de l'affection et amitié. Ce n'est pas que je n'aye essayé de ce costé là tout ce qui en peut estre, ayant eu le meilleur père qui fut onques et le plus indulgent ^ jusques à son extrême vieillesse, et estant d'une tamillc fameuse de père en fils, et exemplaire en cette oartie de la concorde fraternelle :

Et ipse Xotns infratrcs animi palerni s.

Quant au mariage, outre ce que c'est * un marché qui

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