‹ Extraits de MontaigneChapitre 182 sur 353 · Sonne, c.-à-d. signifie · texte numérisé non relu

Sonne, c.-à-d. signifie

}. Ont charrié. — Emploi neutre de ce verbe qui par sa signification est plutôt actif. Cf. charrier dioit. — Charrier ensemble, c'est marcher avec ensemble, du mime pas, avec accord.

4. Montaigne s'attache à distinguer l'amitié parfaite des amitiés communes. Autant il admirait et célébrait l'une, autant il faisait â

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autre, et des plus parfaictes de leur genre ; mais je ne conseille pas qu'on confonde leurs règles, on s'y tromperoit : il faut marcher en ces autres amiiicz la bride à la main, avec prudence et précaution ; la liaison n'est pas nouée en manière qu'on n'ait aucunement à s'en deffier. « Aymez le (disoit Chilon ') comme ayant quelque jour à le haïr; haïssez le comme ayant à f'aymer. » Ce précepte qui est si abominable en cette souveraine et maistresse amitié, il est salubre en l'usage ordinaire^. En ce noble commerce, les offices et les bienfaits, nourrissiers des autres amitiez, ne méritent pas seulement d'estre mis en compte ; cette confusion si pleine de nos volontez en est cause : car tout ainsi que l'amitié que je me porte ne reçoit point augmentation pour le secours que je me donne au besoin, quoy que dient les stoiciens, et comme je ne me sçay aucun gré du service que je me fay; aussi l'union de tels amis estant véritablement parfaicte, elle leur faict perdre le sentiment de tels devoirs, et haïr et chasser d'entre eux ces mots de division et de différence, comme bien-taict, obligation, reconnoissance, prière, remerciement, et leurs pareils. Tout estant par effect commun entre eux, volontez, pensemens î, jugemens, biens, femmes, enfans, honneur et vie, ils ne se peuvent ny prester ny donner rien. Voilà pourquoy les faiseurs de loix.

des autres, et c'estlui qui, plus loin, trouver.! que nous avons grand tort de « nous tourmenter et rompre la teste des affaires de nos voisins et amis ».

1. Un des sept s.iges de la Grèce. — D'autres (Aristote, Rbèlorique, II, 13 ; Cicéron, de l'Amitii'. cliap.

16; Diogène Laërce, I, 87) .attribuent cette sentence à Hias. Aulu- Gcllc, le premier, la dit de Chilon.

On la retrouve dans Sophocle, Ajax.

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