‹ Extraits de MontaigneChapitre 191 sur 353 · C.-i-d. comnu aussi il m'eut regretté s'il m'avait perdu · texte numérisé non relu

C.-i-d. comnu aussi il m'eut regretté s'il m'avait perdu

5. Aussi èxa.\x pris par les vieux auteurs dans l'acception de ainsi, et ce sens est conforme à l'étymologic aliud sic. — Voir page 100, note 5.

6. « Puis-je rougir ou cesser de pleurer une tête si chère ? » (Hor.-ice. Odes, I. 24.)

ESSAIS DE MOKTAIGN'E

OiiiC tuiis in vita dulcis aîehat avior. Tu viea, tu moriens fregisti commoda, frater ;

Tcciiin una Iota est nostra sepulta anifiia, Cujus ego interitu tota de meute fugavi

H,cc sttulia, atque omnes delicias animi. AUoquar ? audiero luinquam tua verba loqueutein ?

Nunquam ego te, vita frater amabilior, Aspiciam posthac ? At certe seinper amdbo '.

Mais oyons un peu parler ce garson de dix-huict ans *.

Parce que j'ay trouvé que cet ouvrage a esté depuis mis en lumière 3, et à mauvaise fin, par ceux qui cherchent à troubler et changer Testât de notre police 4, sans se soticier s'ils l'amenderont, qu'ils ont meslé à d'autres escris de leur farine 5, je me suis dédit de le loger icy ^. Et affin que la mémoire de l'auteur n'en soit intéressée en l'endroit de ceux qui n'ont peu connoistre de prés ses opinions et ses actions, je les advise

1. « O mon frère, que je suis malheureux de l'avoir perdu ! Ta mort a détruit tous nos plaisirs.

Avec toi s'est évanoui tout le bonheur que ta douce affection nie donnait. Avec toi mon âme est tout entière ensevelie. Depuis que tu n'es plus, j'ai dit adieu aux Muses, à tout ce qui faisait le- charme de ma vie... Ne pourrai-je donc plus te parler ni t'cntendre ? O toi qui m'étais plus cher que la vie, ô mon frère, ne pourrai-je plus te voir ? Ah ! du moins, je t'aimerai toujours. »

(Catulle, LXVIII, 20: LXV, 9.) — Suivant son habitude, Montaigne a modifié considérablement le texte.

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