Le texte est modifié, « Je nç
ESSAK DE MONTAIGNE 193
j'cstois dcsjà si bit et accoustumc à estrc dcuxiesme par tout ', qu'il me semble n'estre plus qu'à demy.
Ulain nie<e si partem aniitue tiilit Maturior vis, qiiid moror altcra ?
Nec Ctirus <.cqne nec supersles Ititeger ? llle dies utramqtie Ditxit ritinam '.
Il n'est action ou imagination où je ne le trouve à dire ', comme si eùt-il bien fiiict à moy 4 ; car, de mcsme qu'il me surpassoit d'une distance infinie en toute autre suffisance et vertu, aussi > faisoit-il au devoir de l'amitié.
Quis dtsiderio sit pudor aut modus Tarn cari capitis ? *
O niiscro fraUr adempte iiiibi I Oiinn'a tectim iitia perienmt gatidia iiostra.
pense pas qu'aucun plaisir me soit permis, maintenant que je n'ai plus celui avec qui je devais tout partager. » (Térence, Heautoiilimorununcs, I, l, 97.)
I. « Nous sommes tellement habitués à voir en .Montaigne l'introducteur de La Boétie près de la postérité, que nous sommes disposés à voir en celui-ci un protégé, en celui-l.ï un protecteur, et c'est bien ce qu'ils sont, en effet, aujourd'hui que la gloire a renversé les rôles, mais ce n'est pas ce qu'ils étaient aux yeux de leurs contemporains. Plus âgé de deux ans, déjà connu par plus d'un essai juvévile en langue française ou latine, La Boétie était à Montaigne une sorte de frère aîné dont l'autorité fut certainement acceptée et dont l'influence fut peut-être décisive.
Ajoutez que le caractère de Li Boétie dut facilement dominer sans s'imposer » (Hémon, Cours de liti'iittiire, Montitlgiii:.')
2. « Puisqu'un sort cruel m'a ravi trop tôt cette douce moitié de mon âme, qu'ai-je à faire de l'autre moitié, séparée de celle qui m'était bien plus chère ? Le même jour nous a perdus tous deux. » (Horace, Odes, II, XVII, 5.)
}. Trouver à dire (à redire) à quelque chose est une locution encore bien française qui signifie trouver à regretter. Donc ici : ou je ne trouve à le regretter , à regretter son absence. — Voir page 190, note