‹ Extraits de MontaigneChapitre 223 sur 353 · C.-à-d. : avantages, aises · texte numérisé non relu

C.-à-d. : avantages, aises

3. Mont.iigne eut six enfants, et tous furent des filles. A l'exception

de la seconde, elles moururent à peine nées.

4. Cette fille. Léonor, épousa, le 27 mai 1590, François de La Tour, et, en secondes noces, le 20 octobre 1608, Charles Je Gam-iclr-s. Voir Epbéiiiéridts,

chose que parolles, et bien douces : et quand mon désir y seroit frustré ', il est assez d'autres causes ausquelles nous prendre, sans entrer en reproche avec ma discipline, que je sçay estre juste et naturelle. J'eusse esté beaucoup plus religieux encores en cela envers des masles, moins nais à servir et de condition plus libre : j'eusse aymé à leur grossir le cœur d'ingénuité et de franchise. Je n'ay veu autre effect aux verges, sinon de rendre les âmes plus lâches ou plus malitieusemcnt opiniastres.

Voulons nous estre aimez de nos enfans, leur voulons nous oster l'occasion de souhaiter nostre mort (combien qu'à ^ la vérité nulle occasion d'un si horrible souhait peut estre ny juste ny excusable), acconnnodons leur vie raisonnablement de ce qui est en nostre puissance. Pour cela, il ne nous faudroit pas marier si jeunes, que nostre aage vienne quasi à se confondre avec le leur ; car cet inconvénient nous jette à plusieurs grandes difficultez : je dy spécialement à la noblesse, qui est d'une condition oisifve et qui ne vit, comme on dit, que de ses rentes ; car ailleurs, où la vie est questuere 5, la pluralité et la compaignie des enfans, c'est un agencement de mesnage, ce sont antant de nouveaux utils et instrumens à s'enrichir.

Je me mariay à'trente trois ans, et loue l'opinion de trente cinq, qu'on dit estre d'Aristote +

Je hay cette coustume de priver les enfants qui sont en aage du commerce et intelligence privée et familière des pères, et de vouloir maintenir en leur endroict une morgue severe et estrangiere, pleine de rancune et desdain, espérant par là les tenir en crainte et obéissance : car c'est une farce trés-inutile qui rend les pères cnnuieux aux enfans et, qui pis est, ridicules. Ils ont la

Page 1