‹ Extraits de MontaigneChapitre 24 sur 353 · XI. Verbe · texte numérisé non relu

XI. Verbe

10 JHer est pris pour auxiliaire : cetix qui nous vont instruisant.

'6 IN'TRODUCTIOM

2^ L'emploi du pronominal à la place du passif ou de l'aclil avec on est fréquent : et tie se void point d'anics qui...

3° Quelques verbes, aujourd'hui intransitifs, sont employés à la forme transitive : lutter, profiter, eseliapper, jouir, ruer, suri'iire, cbeivucher.. .

40 Quelques verbes, aujourd'hui transitifs, sont employés à la forme intransitive : (gratifier à, fiivoriser à, fuyr à...

50 Quelques-uns sont unis à leur régime au moyen d'autres prépositions qu'aujourd'hui : Se fier du bien qui..., Qui se desrobe de leur coi^iioissance.... Refuser quelqu'un de quelque chose...

6° Un verbe est parfois uni à ses régimes par des prépositions différentes : Elle vient par leur moyen et de leur faveur.

70 On trouve des verbes qui, alors réfléchis, n'ont plus que rarement cette forme : Se feindre de..., se craindre que..., s'advevir, se partir, se travailler sur

8° D'autres ne sont pas encore à la voix réfléchie : nous ■repentons, nous escrions.'nous mocquons, nous enquerons.

9" Contrairement à l'usage actuel, certains verbes sont joints à l'infinitif sans l'aide d'aucune préposition ou avec d'autres prépositions qu'aujourd'hui : je la priav s'en reposer sur moy ; tout ce qu'il refuse à faire.

10° L'indicatif est mis où nous emploierions le subjonctif; fay peur que nous avons les yeux plus <rrands que le ventre.

11° Au suBjON'CTiF, la conjonction que se supprime : sou- -iienne vous des Athéniens. — L'imparfait, et même le présent, remplacent le conditionnel ; c'est un latinisme : il est peu d'hommes qui osassent. — Après des verbes qui signifient « penser » ou « dire », le subjonctif est employé comme dans le latin : // est incertain ou la mort nous attende.

12° L'iNFiNiTii" est très fréquemment employé comme substantif : le préméditer, l'aller légitime, le longtemps vivre. — Montaigne construit la proposition infini tive avec la même liberté que le vieux français et que le latin : les lois de la conscience que nous lisons estre de nature. — L'infinitif, employé comme sujet logique et annoncé par c'est, n'est pas encore précédé de que ou que de : C'est trahison se marier sans .s'esjvuser. — L'infinitif emplové, soit comme sujet, soit comme complément indirect ou circonstanciel, se trouve parfois précédé de la préposition de : D'appeller les mains ennemies, c'est un conseil un peu gaillard. — On trouve, comme complément circonstanciel, l'infinitif construit avec depuis, construction usuelle au XVie siècle, disparue aujourd'hui : Depuis estre sorti de l'enfance.

130 Dans le rAKTiciiE en ant, il y a deux formes : celle du

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gtrouiHf latîn, invariable^ et celle du participe, variable. Montaigne ne s'est point appliqué à distinguer l'une de l'autre, et il admet au hasard les variations de nombre, tandis qu'il semble éviter la variation du féminin en aiitc. — Le participe en ant est pris quelquefois dans le sens passif du participe latin en dus : langage maniant {qui peut être uianii).

140 Le PARTICIPE PASSÉ, Construit avec avoir, était considéré, dans la vieille langue, tantôt comme un adjectif qualifiant le régime du verbe, tantôt comme partie intégrante du verbe, que le régime précédât ou suivît. Dans le premier cas il était variable, et dans le second invariable. C'est la règle de Montaigne. — De plus, il fait un usage fréquent de la proposition absolue, sur le modèle de l'ablatif absolu des Latins.

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