CHAPITRE V î
Sur des vers de Virgile.
Sommairf : Perfection dti stj-le des anciens : leur véritable éloquence, qni est, non de bien jire, mais de bien penser. — Comment les beaux esprirs donnent pri.x à la langue : jugement sur ceri.iins écrivains de ce siècle (école de Ronsard). — La langue française d'après Montaigne. — Montaigne veut écrire chez lui et laisser les imperfections, pour qu'on le reconnaisse en son livre et son livre en lui.
... A ces bonnes gens ■♦, il ne falloit pas d aiguë et subtile rencontre : leur langage est tout plein et gros d'une vigueur naturelle et constante; ils sont tout epigramme, non la queue seulement, mais la teste, l'estomac et les pieds. Il n'y a rien d'efforcé, rien de treinant, tout y marche d'une pareille teneur 5. Ce n'est pas une éloquence molle et seulement sans offence : elle est nerveuse et solide, qui ne plaict pas tant comme elle
1. Expression énergique pour dire que le corps f'ajffaisu jusqu'à terre.