Sens favorable de donner plus de poids, plus de force
}. De gorgias, beau, élégant. Par conséquent : font les beaux. Gorgias est de l'ancienne langue, mais le verbe se gorgiaser fut formé au XVI' siècle : il est fréquent dans Rabelais.
4- C.-à-d. : Fejffet justeà produire leur imperte peu ; ils ne se préoccupent piis dédire les choses par le mot propre.
). Montaigne a en vue les rcfornuteurs de la Renaissance, Ronsard et les poètes de la Pléiade, et il indique très exactement à quelles exagérations les poussa un zèle ou tré de réfoims.
6. Fénelon aussi {Lettre à l'Académie) jugera que la langue franéaise est appauvrie: « On a retranché, si je ue me trompe, plus de mots qu'on n'en a introduit. D'ailleurs je voudrais n'en perdre aucun, et en acquérir de nouveaux...
Prenons de tous côtés tout ce qu'il nous faut pour rendre notre langue plus claire, plus précise, plus courte, et plus harmonieuse. » — A cette hardiesse de Fénelon, qui est un peu celle de Montaigne, il est intéressant d'opposer la timidité conservatrice de Voltaire :
« L'envie de briller et de dire d'une manière nouvelle ce que les autres I ont dit est la source des cxpres- I sions nouvelles, comme des pen- I sées recherchées. Qui ne peut
comme les herbes, s'amendent et fortifient en les transplantant. Je le trouve suffisaniment abondant, mais non pas vigoureux suffisamment : il succombe ordinairement à une puissante conception. Si vous allez tendu, vous sentez souvent qu'il languit soubs vous et fleschit, et qu'à son defiaut le latin se présente au secours, et le grec à d'autres '. D'aucuns de ces mots que je viens de trier, nous en apercevons plus malaisément l'énergie, d'autant que l'usage et la fréquence nous en ont aucunement ^ avil)^ et rendu vulgaire la grâce : comme en nostre commun, il s'y rencontre des frases excellentes et des métaphores desquelles la beauté flestrit de vieillesse, et la couleur se ternit par maniement trop ordinaire 3. Mais cela n'este rien du goust à ceux qui ont bon nez, ny ne desroge à la gloire de ces anciens autheurs qui, comme il est vraysemblable, mirent premièrement ces mots en ce lustre.
Pour ce mien dessein 4, il me vient aussi à propos d'escrire chez moy en pays sauvage, où personne ne m'ayde ny me relevé, où je ne hante communéement homme qui entende le latin de son patenostre, et de françois un peu moins. Je l'eusse faict meilleur ailleurs,
briller par une pensée veut se faire remarquer par un mot... Un mot nouveau n'est pardonnable que quand il est absolument nécessaire, intelligible et sonore... »
(DicI tonna ire philos.. Esprit.)
1. Jusqu'à Descartes, en effet, la France n'eut pas sa langue philosophique, la langue vigoureuse d'une puissante conception, et l'auteur du Discours de la mrfhptie eut souvent recours au latin. R.ibelais, Moiinigne usaient d'un parler déréglé, décousu et hardi, mais qui n'avait pas assez de consistance, ni assez de ferme précision.