Fagucl, Etudes sur le Xl'I' siècle^ ]{ ^f
8 INTRODUCTIOM
d'action : « toute la gloire qu'il a prétendue en la vieest de l'avoir vécue tranquille. » Pour avoir mis à se peindre toute son ambition et tout l'emploi de son activité, il est de ceux qui ont écrit pour le seul luxe ou le seul plaisir de bien écrire, et n'ont pas su faire de leurs œuvres des actes. « Je n'y ay eu nulle considération de ton service... C'est moy que je peins. »
Il est vrai que sa clairvoyance même était, en certain sens, une intériorité morale. Trop apercevoir ses propres fiiiblesses, trop pénétrer le mystère des diversités, de la « volubilité et discordance » humaines, distinguer trop le pour et le contre des motifs d'agir, ne tut jamais un bon mo}'en de s'exalter et d'atteindre à ces enthousiasmes où le doute et la discussion ne doivent pas entrer, et qui, seuls, peuvent mener au dévouement, au sacrifice, aux actions sublimes.
Du moins, il dut à cette clairvoyance d'échapper aux entêtements sans raison et aux violences intolérantes de son siècle. 11 se tint à distance de tous les excès. Toujours et envers tous, il pratiqua une modération, une indulgence qui ne furent pas d'un héros, mais qui furent d'un sage.
*« Sans doute je voudrais que, sans cesser d'être antique d'une manière si sagace et si élevée, il fût en même temps un peu plus chrétien qu'il ne l'est. Il y a dans le christianisme des trésors nouveaux de charité et d'abnégation qui ne sont pas de trop dans le patrimoine de l'humanité et qu'il n'a pas très bien connus. Mais il laut tout comprendre '. » Ce n'est pas à dire qu'il faille tout approuver.
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