Les lettrés, les savants
3. Fcru, participe passé de férir (sans coup jfërir), signifie frappé, blasé.
4. 5» bien que jamais depuis. — Onques, o«c(du latin unquam — s), pendant tout le moyen âge et pendant le xvi* siècle , a été pris comme aujourd'hui jamais. La Fontaine l'a conservé. — Puis (du latin post) a bien ici son sens d'origine : après, dans la suite.
\. Le mot discours prend, dans Nlontaignc, les acceptions les plus diverses : 1° expression de la pensée ; 2' raison, intelligence; 3" raisonne-
ment ; 4° sagesse ; — et c'est cette dernière signification qu'il a dans le passage. Donc : devenu fol par sagesse. C'est, d'ailleurs, le texte de 1595. — Le fait cité ici a été tiré de Séiièque le Rhéteur (Controv., 9, liv. II). Seulement, d'après ce dernier, Gallus Vibius ne serait pas devenu fou en s'eflorçant de comprendre l'essence de la folie, mais en s'appliquant, avec trop de contention d'esprit, à en reproduire les mouvements.
6. Tressuons. — Sans doute un composé de très (trans latin), qui marque le superlatif, et du verbe suer. Cf. tiiipii'M-r. trépasser. Irasaillir.
tremblons, nous pallissons et rougissons aux secousses de nos imaginations, et, renversez dans la plume ', sentons nostre corps agité à leur branslc, quelques-fois jusques à la mort
Je sçav qu'un gentirhomme, ayant traicté chez luy une bonne compagnie, se vanta trois ou quatre jours après par manière de jeu (car il n'en estoit rien) de leur avoir taict menger un chat en paste ^ : dequoy une damoyselle de la troupe print telle horreur qu en estant tombée en un grand dévovement d'estomac > et fièvre, il fut impossibfe de la sauver. Les bestes mesmes se voyent, comme nous, subjectcs à la force de l'imagination, tesmoing les chiens qui se laissent mourir de dueil de la perte ue leurs maistres ; nous les voyons aussi japper et se trémousser en songe, hannir 4 les chevaux et se débatre ; mais tout cecy se peut raporter à l'estroite cousture > de l'esprit et du corps s'entre-communiquants leurs fortunes ^
On vit dernièrement chez mov un chat guestant un oyseau au haut d'un arbre, et, s'^estans fichez ' la veuë ferme l'un contre l'autre quelque espace de temps, l'oyseau s'estre laissé choir comme mort entre les pâtes du chat, ou eniu'ATé par sa propre imagination, ou attiré par quelque force atractive du chat. Ceux qui ayment la