En cecy... que. — C'est la locution latine in eo quod
2. Un galant homme était déjà, pour Montaigne, celui qui avait des procédés de bonne compagnie, de l'urbanité, de la distinction jointe à la probité et à l'honneur.
j. C'est le vers qui termine le fameux sonnet (dans les Regrets) commençant ainsi :
Je hay dn Florentin l'asuriere avarice.
4. Inversion toute latine. Nous avons eu déjà à remarquer que la
I syntaxe de Montaigne est calquée I sur celle du latin, et que, en particulier, les inversions y sont fréquentes.
5. Plutarque, Vie de Cicèron, chapitre II de la traduction d'.\myot.
6. Grandissime. — Le superlatif synthétique latin de la forme gran-
dissimum n'avait pas laissé beaucoup de traces, même dans le français du moyen âge. On trouve pesme (de pessimum), altisme (de allissimum'), et grandisme (de grandissimum. La forme grandissime, et encore les formes réi'érendissime, sérènissime furent introduites au XVI' siècle sous l'influence italienne.
7. C'est là un proverbe en latia de cuisine que Rabelais (Gargantua, I, 39) met dans la bouche de frère Jean des Entommeures, le type des moines du xvi* siècle.
Pour s'excuser de son ignorance, frère Jean s'autorise de .< son feu abbé ». — « Nostre feu abbé disait que c'est chose monstrueuse veoir un moine sçavant. Par Dieu, monsieur mon amy, magis magnos clericos non siint magis magnos sapientes. » — Régnier {Sat. 3, dernier vers) a traduit ainsi ce singulier latin :
Pardieu, les plus grands clercs ne sont [pas les plus fin*.
lOO ESSAIS DE MONTAIGNE
loger en soy ', sans s'amender, les discours et les )ugeniens des plus excellens esprits que le monde ait porté ^, j'en suis encore en doute. « A recevoir tant de cervelles estrangeres, et si fortes et si grandes, il est nécessaire, me disoit une fille, la première de nos Princesses î, parlant de quelqu'un, que la sienne se foule, se contraingne et rapetisse pour faire place aux autres. » Je dirois volontiers que, comme les plantes s'estouffent de trop d'humeur 4, aussi 5 l'action de l'esprit par trop d'estude, et que l'ame, saisie et embarassée de tant de diversité de choses, perde ^ le moyen de se desmesler.
1. Ij.\^er en soy, et plus loin dans le même p.-issage, se dcmcsUr, être tenue courbe et croupie sous une grande charge, s'élargir, se remplir, sont, quand il s'agit de l'âme, autant d'expressions métaphoriques qui révèlent bien l'un des procédés de Montaigne. Toujours il parle aux sens , et c'est par des images variées à l'infini qu'il rend comme visibles les idées abstraites.
« Son style, a dit Sainte-Beuve, est une figure perpétue, it et à chaque pas renouvelée ; on n'y reçoit les idées qu'en images et on les a à chaque moment sous des images diflérentes, faciles et transparentes pourtant. » — Ailleurs l'dnie encore est, pour Montaigne, rompue, ébranlée, piquée, échdtijfée, époincoiinèe d'une noble anihiiion, abreuvée de vertu ; ou bien elle sent l'aigre, le moisi. — L'imagination, et même une imagination un peu gasconne, était la faculté maîtresse de l'auteur des Essais. Il en abuse parfois et charge son style de trop de couleur, ou de couleurs qui font disparate.
2. Que le monde ait porté. — Pour l'accord des participes passés, voir page 51), note i.