SCÈNE DEUXIÈME
LA RAMÉE
Sais-tu la nouvelle? nos maîtres vont à la guerre.
l'épine.
Et quand?
LA RAMÉE
Il faut du temps pour s'y préparer.
l'épine.
Je suis tout prêt, moi, et je oartirais sur l'heure.
LA RAMÉE
Tu es un habile homme. Et de quoi vivras-lu?
l'épine.
De ce que je vis à peu près ici.
LA RAMÉE
Qui te le donnera?
l'épine.
Celui qui me le donne ici.
LA RAMÉE
Oui, on mettra partout un pot-au-feu, et on sonnera la Cloche pour t'appeler à dîner.
l'épine.
Tout cela ne m'embarrasse point; je n'ai pas tant d'esprit que vous; si je n'ai pas de potage, je mangerai autre chose.
LA RAMÉE
Gomment porteras-tu tes hardes?
l'épine.
Je n'ai point de hardes.
LA RAMEE.
Est-ce que tu ne changeras pas de chemise?
l'épine.
J'en achèterai une à la première ville, ainsi je n'aurai point la peine de la porter si loin.
LA RAMÉE
Et ta robe de chambre?
l'épine.
Est-ce que des gens comme nous ont des robes de chambre? Il y a trente ans que les gentilshommes de vingt mille livres de rente n'en avaient point. LA ramée.
Ils étaient bien sots de ne pas prendre leurs commodités.
l'épine.
Je ne sais ce que c'est que commodité, mais rien ne m'incommode.