‹ Extraits de ses lettresChapitre 118 sur 146 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

LA RAMÉE

Sais-tu la nouvelle? nos maîtres vont à la guerre.

l'épine.

Et quand?

LA RAMÉE

Il faut du temps pour s'y préparer.

l'épine.

Je suis tout prêt, moi, et je oartirais sur l'heure.

LA RAMÉE

Tu es un habile homme. Et de quoi vivras-lu?

l'épine.

De ce que je vis à peu près ici.

LA RAMÉE

Qui te le donnera?

l'épine.

Celui qui me le donne ici.

LA RAMÉE

Oui, on mettra partout un pot-au-feu, et on sonnera la Cloche pour t'appeler à dîner.

l'épine.

Tout cela ne m'embarrasse point; je n'ai pas tant d'esprit que vous; si je n'ai pas de potage, je mangerai autre chose.

LA RAMÉE

Gomment porteras-tu tes hardes?

l'épine.

Je n'ai point de hardes.

LA RAMEE.

Est-ce que tu ne changeras pas de chemise?

l'épine.

J'en achèterai une à la première ville, ainsi je n'aurai point la peine de la porter si loin.

LA RAMÉE

Et ta robe de chambre?

l'épine.

Est-ce que des gens comme nous ont des robes de chambre? Il y a trente ans que les gentilshommes de vingt mille livres de rente n'en avaient point. LA ramée.

Ils étaient bien sots de ne pas prendre leurs commodités.

l'épine.

Je ne sais ce que c'est que commodité, mais rien ne m'incommode.

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