‹ Extraits de ses lettresChapitre 29 sur 146 · LETTRE A ni<"« DE GRUEL · texte numérisé non relu

LETTRE A ni<"« DE GRUEL

Sur la direction des petites classes.

7 mars 1701.

J'ai toujours oublié de vous dire ce que j'ai remarqué, il y a quelques jours, en vous entendant expliquer l'Évangile; il me parait que vous embrassiez trop de matièras, il en faut peu pour des enfants; vous parlez trop aussi, et je crois qu'il faudrait les faire parler davantage, pour voir s'ils entendent et s'ils comprennent. Je trouvai encore que vous étiez trop éloquente; par exemple, vous dites qu'il fallait faire un divorce éternel avco lo péché : cela est vrai, et bien dit; mais je ne crois pas qu'il y ait trois filles dans votre classe qui sachent ce que c'est qu'un

divorce; soyez simple et ne songez qu'à vous rendre bien intelligible....

Avril 1701.

Vous ne voulez pas que je vous ménage, et votre zèle pour l'institut vous rend capable de tout souffrir pour vous former; c'est sur ce fondement que j'agis avec vous. Vous parlez trop et trop vite dans vos instructions; il est impossible que vos fdles puissent vous suivre; vous ne les faites point assez parler : c'est par ce qu'elles vous diront que vous connaîtrez si elles profitent; appliquez-vous à parler en peu de mots : il ne faut pas dire tout ce qui se présente, quoique très bon. Je vous ai souffert un visage triste, sérieux, sec et chagrin, parce que j'ai cru que la peine que vous aviez d'avoir à vous dissiper dans des jours d'un si grand recueillement pouvait y contribuer; mais après Pâques il faut avoir un ton gai, ou, du moins, tranquille, et des manières d'une bonne mère avec ses enfants.

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