‹ Extraits de ses lettresChapitre 43 sur 146 · INSTRUCTION AUX DAÏÏEES · texte numérisé non relu

INSTRUCTION AUX DAÏÏEES

Sur les punitions.

.... « Il faut punir rigoureussment celles qui, après les défenses que nous faisons, auront la hardiesse d'y contrevenir; mais il faut les punir tranquillement et sans s'é-

mouvoir. J'ai sujet de craindre qu'on ait mal compris ce que j'ai dit : qu'il ne faut pas faire souvent des punitions; j'appréhende que vous ne soyez empêchées par là de punir celles qui le méritent. Il faut toujours commencer par essayer de la douceur, avertir plusieurs fois, donner un temps suffisant pour qu'on puisse se corriger, et ne jamais prendre, comme on dit, les gens en trahison. Vous avez grand besoin de l'esprit de Dieu pour bien conduire vos filles, car il ne les faut pas traiter de la même manière 11 y en a qui veulent être menées par la rigueur, d'autres qui deman lent une grande fermeté, d'autres encore à qui il faut beaucoup de douceur, surtout les nouvelles venues, afin de connaître l'éducation qu'elles ont eue et les connaître aussi elles-mêmes. Pour cela, je leur parlerais souvent en particulier pour voir si leur fonds est bon ou mauvais; je patienterais un mois, même un an sur leurs défauts, s'il était nécessaire.

« Il faut, Mesdames, vous faire craindre de vos demoiselles. Il est juste que, puisque vous leur tenez lieu de mères et que vous leur en rendez tous les services, elles aient pour vous l'obéissance que les enfants doivent à leurs proches. II faut punir très sévèrement celles qui osent vous résister. Faites-leur essayer toutes sortes de punitions; si celles qui sont établies ne suffisent pas pour les réduire, nous en chercherons d'autres, et j'espère que j'en trouverai autant que j'ai su trouver de proverbes et de jeux pour les réjouir.

« 11 faut que les demoiselles sachent que les Dames de Saint-Louis ont tout pouvoir de les renvoyer sans être obligées d'aller au Roi, à son conseil, à son confesseur ni même à l'évêque, en un mot, sans en parler à personne. Vous avez beau, mes chères enfants, avoir des protections dans le monde, vous n'en sortirez pas moins, si vous l'avez mérité; mais il est de la charité de ces Dames d'essayer, avant, de tout ce qui peut vous réduire, afin de ne vous priver du don du Roi que dans l'extrémité. Pourquoi

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pensez-vous qii on ait donné cette autorité à ces Dames, sinon afin que vous sachiez que c'est à elles que vous avez affaire, et que vous soyez engagées par là à leur rendre toute l'obéissance et la soumission qu'elles ont droit de vous demander ? -)

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