‹ Extraits de ses lettresChapitre 42 sur 146 · C'était l'étiquette de la cour · texte numérisé non relu

C'était l'étiquette de la cour

l'une d'elles, par exemple, qui eût une migraine considérable, un accès de fièvre, je la ferais fort bien mettre dans un fauteuil, et je dirais à tout le reste de la classe de se taire pendant une récréation pour ne point incom-, moder leur compagne. N'a-t-on pas des égards dans le monde pour ses domestiques mêmes? Il faut aussi qu'elles les aient ici pour leurs sœurs converses, qu'elles incommodent fort. »

Une de nos sœurs dit qu'elle avait vu une demoiselle passer et repasser plusieurs fois entre deux sœurs converses, plutôt que de se détourner un pas pour prendre un autre tour. « Il faut, répondit Madame, les aviser de ces attentions-là, puisqu'elles ne le font pas d'elles-mêmes. Vous auriez dû, ajouta-t-elle, appeler cette fille et lui dire: ne voyez-vous pas que vous incommodez ces sœurs, et que vous pouviez aisément prendre un autre chemin? voilà des manquements d'égards et d'attentions qui ne sont pas pardonnables; ou si vous aviez une noire proche de vous, lui faire remarquer le manque d'attention de sa compagne. Je suppose, dit Madame, que vous ne fussiez pas en communauté, car il ne faudrait pas qu'une particulière quittât son rang pour aller faire une réprimande à une demoiselle dont elle n'est pas chargée; mais si vous étiez dans la tribune ou dans l'avant-chœur, et que vous vissiez par occasion de ces sortes de fautes, je ne voudrais pas que vous les laissassiez passer sans les faire apercevoir. »

Page 1