‹ Extraits de ses œuvresChapitre 1 sur 60 · Notice sur M"» de Staël par M"" Necker de Saussure · texte numérisé non relu

Notice sur M"» de Staël par M"" Necker de Saussure

aurait frappées; que c'était son habitude... Ensuite, me dit-elle encore, nous nous écrirons tous les matins. »

Le même récit nous introduit dans le salon que présidait M"° Necker, et dont cette vertueuse Genevoise, passionnée pour les choses de Tesprit, avait réussi à faire un des cercles de Paris les plus distingués.

« Nous entrâmes dans le salon. A coté du fauteuil de M™*^ Necker était un petit tabouret de bois où s'asseyait sa fille, obligée de se tenir bien droite. A peine eut-elle pris sa place accoutumée, que trois ou quatre vieux personnages s'approchèrent d'elle, lui parlèrent avec le plus tendre intérêt : l'un d'eux, qui avait une petite perruque ronde, prit ses mains dans les siennes, où il les retint longtemps, et se mit à faire la conversation avec elle, comme si elle avait eu vingt-cinq ans. Cet homme était l'abbé Raynal; les autres étaient Thomas, Marmontel, le baron de Grimm, le marquis de Pesay.

» On se mit à table. 11 fallait voir comme M'^^ Necker écoutait...

» Après le dîner, il vint beaucoup de monde. Chacun, en s'approchant de M"^** Necker, disait un mot à sa fille, lui faisant un compliment ou une plaisanterie... Elle répondait à tout avec aisance et avec grâce; on se plaisait à l'attaquer, à l'embarrasser, à exciter cette petite imagination déjà si brillante. Les hommes les plus marquants par leur esprit étaient ceux qui s'attachaient le plus à la faire parler (Buffon était de ceux-là). Ils lui demandaient compte de ses lectures, lui en indiquaient de nouvelles, et lui donnaient le goût de l'étude en l'entretenant de ce qu'elle savait et de ce qu'elle ignorait '. »

A peu près vers le temps auquel se rapportent ces souvenirs^ le grand banquier était appelé à la direction des finances par un gouvernement en détresse (1776). Le salon, déjà si brillant, de ^|inc ]\j,^.j.j,,. s'anima d'une vie nouvelle. Les importances ou les célébrités de tout rang aftluaient autour de la femme du ministre.

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