V. plus haut, p. 222, n
3. V. ce quelle a dit de la gloire, de la gloire pour les femmes, dans une page citée plus haut {Du bonkeiir dans le ynariafje, p. 42).
4. Benjamin Conslanl venait de publier une traduction eu vers français du
3o4 MADAME DE STAËL.
arrangé à ma façon*? Je voudrais bien qu'il me dît ce qu'il en pense. Je vais prendre la liberté de vous envoyer une copie du buste que Tieck- a fait de moi. Ce n'est pas en pierre que j'aimerais à me sentir auprès de vous; mais, enfin, je me mets ainsi à vos pieds. J'ai vu cet été W'erner^, et je me suis singulièrement attachée à lui. Une telle réunion d'esprit et d'àme, de naturel et d'enthousiasme, de gaieté et de mélancolie est presque unique; et que de finesse à côté de la force! Je voudrais qu'il renonçât à ses systèmes mis en scène, mais je les aime dans la chambre. Enfin, s'il est un homme qui répare la mort de Schiller, c'est celui-là.
J'espère que vous serez contente de mon ou'STage sur l'Allemagne ; j'ai eu le bonheur d'y parler de votre Altesse un peu selon mon cœur*.
J'écris à M™^ de Shardt pour savoir des nouvelles de votre santé; vous parlez si peu de vous-même!
^yaUtnstein fait une grande sensation à Paris; c'est un événement littéraire; on se bat jwur et contj-e avec acharnement.
Mon fils Auguste partira au mois de mai pour l'Amérique*.
drame de Schiller, une traduction abrégée. Il avait resserré la trilogie du poète allemand [le Camp de 'Wallensteln, les Piccolomini, la Mort de Walletistein) en une tragédie à peu près conforme aux règles du théâtre français dans son ensemble, mais d'une couleur assez neuve pour soulever bien des critiques parmi les lettrés de TEmpire.
1. M°« de Staël venait de publier, en y mettant une préface, la correspondance et les pensées détachées du prince de Ligne. V. plus haut, page 153.
2. Sculpteur allemand (né à Kœnigsberg en 1776, mort en ISôl), le frère du poète de ce nom.
3. M»« de Staël avait rencontre en Suisse Zachnrias Werner, dont on applaudissait, sur les théâtres dAllemagne. le Martin Luther, VAttila, roi des Z/«»k. le y in f/t -quatre février. Quelques mois après la date de celte lettre, Werner. un poète original, un rêveur éloquent, un illuminé homme d'esprit, était reçu et fête à Coppel: le plus sombre de ses drames, le Vingt-quatre féerie}; fut représenté sur le théâtre du chileau : l'auteur et G. de Schlegel en remplissaient les deux rôles principaux. (V. le livre De f Allemagne. Il* Partie, ch. xxv:i, et la lettre de M"» de Staël à la grande-duchesse, du 20 novembre 1S09.)
4. V. Weimar, le chapitre de l'Allemagne cité plus haut, p. 222.
5. L'aîné des fils de M"* de Staël devait se rendre en Amérique pour reconnaître lélat des terres qu'elle y possédait, et prendre des arrangements pour un voyage qu'elle songeait a y faire elle-même.
C'est une grande émolion qu'un tel départ; moi, je passerai l'été à Coppet, et, l'hiver suivant, je compte faire imprimer mon livre dans une ville de France. Voilà tout ce que je sais de mon triste avenir. Si vous pensiez, Madame, à passer cet hiver dans les provinces méridionales de France, je changerais tous mes projets avec bonheur.
Je supplie votre Altesse d'agréer l'hommage de mon profond respect.
A Camille Jordan.
Chaumont par Écure, 7 mai 1810.
Il me serait cruel, cher Camille, de partir sans vous dire adieu •. J'ai senti à Lyon, plus que jamais, combien vous m'étiez cher; mais toutes mes affections ne sont pour moi que des peines, et je les sens au fond de mon cœur comme un mal. — Mon fils n'a pu voir l'empereur avant son départ^. — Il circule autour de lui^ qu'on pourrait bien m'accorder dix lieues*, mais je n'en sais rien encore, et je ne sais pas si je le désire. En attendant, je travaille à mon livre ^, qui ne sera pas fini de deux mois. Il y a des négociations de paix, dit-on, mais on n'y croit pas. — J'ai écrit à M. de Lally, pour savoir de lui s'il voulait donner la traduction de Cicéron à votre libraire. — Avez-vous adopté mon idée? Faites-vous quelque chose de votre discours^? Il y avait tant de pensées et d'éloquence, que ce