Mon temps s'enfuit ainsi
qu'uns ombres... = J'ai eù moult de vaine glore, — S'est bien heure de ce temps clore. »
(Buissan,.v. 316 es.) — Le Buisson de Jeunesse est daté {v, 899) du 30 novembre 1378,
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NOTICE. : te 408 de l'oubli; en lui rappelant que la postérité sait autant de gré à ceux qui perpétuent les hauts faits qu’à ceux même qui les accomplissent (vers 424 ss.), elle fait une assez claire allusion aux travaux historiques de Froissart. Il est fort probable que ce n’était point «Philozophie », mais Gui de Blois lui-même qui le poussait dans cette voie : il ne faut voir évidemment dans l'intervention de cette docte interlocutrice qu’un détour poétique par lequel Froissart essayait de faire comprendre au due Wenceslas que les petits vers ne lui paraissaient pas dignes d'occuper tous ses instants.
[ n'avait point du resto attendu les objurgations de « Philozophie » pour mettre en œurre les immenses matériaux qu'il avait rapvortés de ses voyages. Dès son retour en Brabant il’s'était mis à les reviser, et, en 1375, il présentait à Robert de Namur, « son cher seigneur et maistre » (Il, 5), un ouvrage considérable, dont le noyau était formé par l'essai offert jadis à la reine d’Angleterre, auquel il avait ajouté, d’une part, l'histoire des années 15925 à 1356, rédigée d’après Jean le Bel, et, de l'autre, le récit des événements contemporains, écrits d’après ses informations personnelles.
Le temps que Froissart passa aux Estinnes fut peut-être de toute sa vie la période la plus féconde : de 1573 à 1378, il ne se contente pas d'enregistrer au jour le jour les prinripaux événements auxquels il assistef, il refait Ja partie de son histoire comprise entre 1350 et 1356, qui était fort sommaire, et développe le récit des faits les plus récents?, Mais ce n'est pas tout, et peu après il reprend l’ensemble de son œuvre pour la modifier dans son 4. Première rédaction pro- | que sont empruntés nos ex: prement dite de M. Luce. Voy. | traits du premier livre, La fin Intrad., p. 97. n'en dut être écrite qu'assez 2. Première rédaction revi- | longtemps après 1377. Voy. sée de M. Luce (loc eit., p. | éd. Luce, tome VIE, sommaire, 08). Cest à cette rédaction | p. 98,
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174 = EXTRAITS DE FROISSART. Lis Det esprit et ses tendances : en effet, cette première rédac- tion du premier livre, écrite par Froissart: immédiate. ment après un séjour de près de six années en Angleterre, d’après des matériaux recueillis aux frais des seigneurs anglais, sous l'inspiration directe d’un prince anglais de cœur, est manifestement favorable à l'Angleterre!. Mais les sympathies de Froissart n’allaient pas {arder à se déplacer D'abord c’est vers ce moment que ses relations avec Robert de Namur cessèrent, ou du moins se relroidirent, tandis qu’il devenait le familier de Ia cour de Brabant?. Or le duc Wenceslas, s’il n’était pas un partisan bien ferme de la France, ne pouvait tout à fait oublier que son père avait péri dans nos rangs à Créci. Mais surtout, Froissart allait se rapprocher de jour en jour de Gui de Blois, (dont la famille, dit M. Luce, était vraiment deux fois française » : son pére, en effet, avait trouvé la mort à GCréci et sa mère était fille de Jean de Hainaut qui, rallié à la France, avait combattu dans cette même Journée aux côtés de Philippe VI; Gui lui-même, après avoir servi d'otage au roi Jean, avait guerroyé contre les Anglais en Guyenne. C'est sous l'inspiration de ce prince que Froissart écrivit {entre 1376 et 1585) la seconde rédaction de ses Chroniques5, qui, sur une foule d’évé .
4. Voy. Luce, Introd., p.|à la bataille de Bastweiler, 2%. commandait la réserve et il fut
2. Il est probable que Froissart, en omettant Robert de Namur dans la liste de ses protecteurs que nous fournit le Buisson de Jeunesse, et en effaçant son nom de tous les manuscrits de la première rédac- Lion revisée, obéissait moins à des griefs personnels qu'il ne cherchait à faire sa cour à Wenceslas, Robert de Namur,
accusé d’avoir diterminé, en ne Ja faisant pas donner au moment opportun, la fâcheuse issue du combat. De là entre les deux princes une brouille qui se sera reflétée dans l’œuvre de Froissart.
9. (ette seconde rédaction n'est conservée que dans les manuscrits d'Amiens et de Valenciennes,
nernents ot remplace Fe « Version anglaise ) par Ja « version française » ‘ | - Le 7 décembre 1585, Me le mourut, et Froissart eut, à partir d'alors, pour principal, sinon pour unique protecteur, Gui de Blois, à qui il dut, en échange de sa “cure des Estinnes?, un canonicat à Chimai, et qui se l'attacha bientôt en qualité de chapelain 5.
- Vers 1386, Froissart suivit son maitre ? Qans ses terres du Blaisois; mais c’est en Hainaut, à Valenciennes.ou à Chimai, qu'il avait passé les années précédentes : 11 y “était bien placé pour observer les troubles de Flandref, qui l'avaient vivement inté essé, et dont il fit entrer le
récit dans son second livre écrit entre 1586 et 13887.