‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 134 sur 341 · Voy. plus loin, p. 316. l'Épitre au Roi de Marot · texte numérisé non relu

Voy. plus loin, p. 316. l'Épitre au Roi de Marot

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Schoonhove; après y avoir passé un mois, il se remettait en route pour aller assister à l’entrée solennelle d’[sabeau de Bavière à Paris (22 août). |

Après cetle longue série de pérégrinations, Froissart « rentra dans sa forge » et se remit à l'œuvre avec ne ardeur nouvelle ; son troisième livre, qui était commencé en 1390 (XI, 251}, et qu’il composa presque tout entier des souvenirs de son voyage, dut être écrit de verve: Froissart “ rédigeait en même temps le début du quatrième livre, qu'il allait bientôt interrompre : en juin 1393, il était à Abbeville où il essayaït de suivre les négociations engagées entre la France et l'Angleterre. Quand une trêve eut été signée (2 janvier 1394), il fut pris du désir de revoir ce pays qu'il avait quitté vingt-sept ans auparavant: il voulait, aux approches de,la vieillesse, aller y raviver ses souvenirs d'enfant : (Et me sembloit en mon imagination que, se veü l’avoie, J'en viveroie plus longement » (XV, 140). L'historien n'était pas moins intéressé que l’homme à ce voyage : il voulait aussi justifier « les histoires et les matieres » dont il avait tant écrit; peutêtre enfin devinait-il et voulait-il étudier de près les causes de décadence qui travaillaient ce grand empire en apparence si florissant.

Ce voyage, projeté en 1394, retardé par la mort de la reine d'Angleterre (7 juin), ne s’accomplit que l’année. suivante. Le 12 juillet 1395, Froissart débarqua à Douvres, où son cœur se serra lorsqu'il vit, dit-il, « les hostels tous renouvelés de nouvel peuple et les jeunes enfans devenus. hommes et femmes, qui point ne me reconnoissoieht, ni moi eux ». Le lendemain il alla faire ses dévotions au tombeau du prince de Galles à Cantorbéry. Le roi, qui revenait d'Irlande, y arriva justement quelques jours” après; Froissart se mêla à la cour, mais « tout m'y sembloit nouvel, ne je n'y connoissoie ame ». Il avait, comme on le sait, le don dé se faire des amis, et, avant même d'avoir retrouvé son vieux compagnon Robert Stury, 1l

À D en VAR 2 ne NN Ve Un die 3 = | PARNOTICE. > 419 Sétait « accointié » de plusieurs gentilshommes, qui se “hargèrent de lui indiquer un moment opportun pour présenter au roi («un trés beau livre, bien aourné, COUfert de velours, garny et cloué de clous d’argent dorés Vor », qui n’était autre que le recueil complet de ses poésies. Richard IT accepta le livre, daigna même l'ouvrir #t en lire quelques vers, et il répondit gracieusement à l'auteur qu'ayant été de l'hôtel de son père et de son aieule, il était € de l’hôtel du roi d'Angleterre ». Froissart se mit en effet à chevaucher en compagnie de la cour et il ne la quitta que trois mois après, emportant comme Souvenir de sa visite « un gobelet d'argent doré d'or pesant deux marcs largement, et dedens cent nobles ».

À partir de ce moment, la vie de Froissart nous échappe à peu près complètement. Gui de Blois ne mourut qu’en 1597, mais ilest possible que vers la fin de sa vie! ses lelations avec Froissart se sôicnt refroidies, car celui-ci ne le nomme point parmi les hauts personnages auxquels il se recommandait en 1395 (XV, 141) : celui qu’il place avant tous les autres est le duc de Hainaut, Aubert de Bavière, dont il resta le protégé jusqu’à sa mort. Nous ne Savons au juste combien de temps encore sa vie se prolongea; il vécut assez pour être exactement informé de la révolution qui substitua sur le trône d'Angleterre Henri IV à Richard I, Il est même probable qu'il vivait encore-à la fin de 14042. Quant aux dates précises que l’on a assignées à sa mort, elles reposent sur de simples hypothèses.

À. Gui de Blois, dont l'intelligence avait prématurément faibli, était tombé entre les Inains d'un indigne favori, Sohier de Malines; avant dissipé son patrimoine en folles prodigalités, il avait dû vendre en 1390 Ja terre de Beaumont,

et en 1391 le comté de Blois.

Froissart ne lui avait peut-être pas caché la réprobation que lui inspiraient ces actes et qu'il a vivement exprimée dans son histoire (XI, 252; XVI, 71).

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