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mars d'argent. Nous avons conservé le texte du traité conclu entre les Croisés et les Vénitiens (Recueil des Hisloriens de la France, XNWI, 456, et Tessier, p. 252). Il était convenu que les Croisés payeraient pour leur passage 2 mares d'argent par homme et 4 par cheval (le marc valait environ 59 fr. de notre. monnaie); ils avaient traité pour 4500 chevaux et 33 500 hommes (4500 chevaliers, 9000 écuyers et 20 000 gens de pied), pensant que tel serait l'effectif de l’armée. Le total montait donc à 85 000 marcs payables en quatre annuités inégales, exigibles de trois mois en trois mois à partir du {+ août 1201. Cette somme ne paraîtra pas excessive, si l'on songe que les Vénitiens devaient nourrir les
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hommes et les chevaux pendant un an (et non pendañt neuf mois, comme le dit Villehardouin, $ 21). A l’époque où nous en sommes (Pentecôte 1202), il restäit à payer la dérnière annuité, la plus forte de toutes, montant à 50000 marcs (2950 000 fr.). On comprend que les Croisés aient élé hors d'état de la fournir, car ils étaient beaucoup moins
. nombreux à Venise qu'ils ne
l'avaient pensé : en effet, un grand nombre de pélerins avaient pris passage, pour se rendre directement en Syrie, dans les ports de Flandre, à Marseille, à Gênes et dans différentes villes de l'Italie méridionale. La somme de 34 000 mares, qui fit défaut, «représente, d'après les clauses du traité, la cotisation de 13 000 hommes, si l'on réserve une part proportionnelle pour les chevaux qui auraient manqué. »
(De Wailly, p. 455.) Le nombre des croisés présents à Venise aurait donc été de 20 000 environ et 13000 auraient fait défection. Ce chiffre si considérable est plutôt au-dessous .qu'au-déssus de la vérité, car Villehardouin nous dit ailleurs que les ,Croisés qui allèrent directement en Syrie étaient plus nombréux que ceux qui
se trouvaient sous lés murs de Constantinople ; il est vrai que, dans le trajet de Venise à Constantinople, il s'était produit éncore un certain nombre de défections.— Pour l’évaluation du marc d'argent en monnaie moderne, voy. les dissertations de de Waïlly sur la valeur intrinsèque des monnaiès au commencement ét au milieu du xmie siècle (éd. dé Villehardouin, p. 46%, et de Joinville, p. 458). En ce qui concerne la livre (équivalant à 20 sous), la livre tournois, au temps de St Louis, valait 20 fr. 26, la livre parisis 25 fr. 32. Il s’agit ici, bien entendu, « de la valeur intrinsèque, qui est celle d’un poids déterminé d’or et d'argent dont le cours ancien est expliqué par le cours que le même poids aurait aujourd'hui en francs et en centimes, et non de la valeur relative des métaux précieux, c'est-àdire de la quantité plus ou moins grande de marchandises qu'on pouvait acheter moyennant un poids déterminé d'or et d'argent, comparée à la quantité nécessairement moindre qu’on obtiendrait aujourd'hui moyennant ce même poids. » (Éd. de Joinville, p: 462.)
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