‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 185 sur 341 · Aucuns chevaliers g"1sont · texte numérisé non relu

Aucuns chevaliers g"1sont

on

par dela, c'est-à-dire qui sont du côté dés Anglais. I arrivait souvent, dans ces guerres où .

on faisait plus de prisonniers

qu'on ne tuait d'hommes, qu'on était relâché de captivité sur:

sa promesse de payer plus tard une rançon, el, jusque-là, de ne pas combattre ceux qui vous avaient pris. e

5. Couvenir. Laissier couvenir ou convenir quelqu'un = le laisser s'arranger ou se tirer d'affaire, ne pas s'occuper de lui.

942 à EXTRAITS DE FROISSART.

il veoient ses gens et se baniere, jusques en de fn de: = le besongne, et le cuidoient dâtés yaus. Or vous par- erons de le bataille, comment elle fu perseveree, et ces grans apertises d'armes qui y furent faites celle 4 Journee, ensi que vous orés,

Au commencement de le bataille, quant messires Jehans Jeuiels fu descendus,et toutes gens le sievirent “dou plus priès qu'il peurent, et meïsmement li caplaus et se route, et cuidierent avoir le journee pour yaus; mès 1l en fu tout äultrement. Quant li Navarois veirent que li François estoient retournét par bonne ordenance, il conçurent tantost que ils’estoient fourfet : nonpourquant, comme gens de grant emprise, il ne s’esbahirent de riens, mès eurent bien intention de tout recouvrer par bien combatre. Si reculerent un petit et se remisent ensamble; et puis se ouvrirent, et fisent voie a leurs arciers qui estoient derriere yaus, pour traire. Quant li arcier furent devant, si s’eslargirent et commencierent à traire de grant maniere; mès li François estoient si fort armé etsi bien paveschié! contre le tret que onques il n'en furent grevé se petit non, ne pour ce n'en laissierent il point a combatre, mès entrerent, et tout

a piét, ens es Navarois et Englès, et cil entre eulz de grant volenté. La eut grand bouteiïs et lanceïs des ns as aultres; et tolloient a l’un l’autre, par force

Je bras et de luitier, leurs lances et leurs haces

1. Paveschiés. Couverts par | légers, probablement à l'orides pavois (grands boucliers | gine fabriqués à Payie).

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= RATAILLE DE COCHEREL 941

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et les armeüres dont il se combatoient; et se prendoient et fiançoient prisonniers Ni un l'autre ; el se approchoient de si priès que il se combatorent main à main si vatllamment que nulles gens mieulz'.

Si poés bien croire que en tel presse et en tel peril

il en y avoit des mors et des reversés grant fuison; car nulz ne s’espargnoit, d'un costêt ne d’aultre.

Et vous di que li François n'avoient que faire de

dormir ne de reposer sus leur bride*, car 1l avoient gens de grant fait et de hardie emprise a le main:

si couvenoit çcascun acquitter layaument à son.

pooir, et deffendre-son corps, et garder son pas, et prendre son avantage, quant il venoit a point; aultrement il euissent esté tout desconfi. Si vous di pour verité que hi Breton et li Gascon y furent la trés bonnes gens et y fisent pluiseurs belles apertises d'armes. Or vous voeil je compter 'des trente qui estoient

esleü pour aus adrecier au captal. et estoient trophien

monté sus fleurs de coursiers. Chil qui n'entendoient:

a aultre cose que a leur emprise, si com cargié en estoient, s’en vinrent tout serré la ou Hi captaus se combatoit moult vaillamment d’une hace, et donnoit les cops si grans que nulz ne l'osoit approchier,

4. Mieulz. S.-ent. ne se com- | pression est ici, bien entendu, batirent Ellipse fréquente en | purement métaphorique.

ancien français. 3. Trente. Froissart a ra--

9. Bride, c.-à-d. se relâcher. | conté auparavant que trente che-

Se reposer sur sa bride, c'est | valiers gascons, choisis parmi

proprement mettre en sa bride | les plus braves, avaient résolu tant de confiance que l’on cesse | de ne viser à autre chose qu'à de surveiller sa monture, L'ex- | s'emparer du captal.

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