‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 200 sur 341 · Fougens, Fanjeaux, Aude, arr. Castelnaudary · texte numérisé non relu

Fougens, Fanjeaux, Aude, arr. Castelnaudary

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964 EXTRAITS DE FROISSART. À de draps d'or ou de soye, de Bruxelle ou de Moustier Viller', et de pelleterie venant des foires du Lendit’ ou d'ailleurs, ou d'’espiceries venans de Bruges, ou d’autres marchandises venans de Damas ou d'Alexandrie! Tout estoit nostre, ou raenchonné a nostre voulenté. Tous les jours nous avions nouvél argent. Les villains d'Auvergne et de Limosin nous pourveoient et amenoient en nostre chastel les blés et la farine, le pain tout cuit, l’avoine pour les chevaulx et la littiere, les bons vins, les buefs, les moutons, les brebis, tous gras, et la poulaille et la volaille. Nous estions estoffés comme roys. Et quant nous chevaulchions, tout le pays trembloit devant nous; tout estoit nostre, allant et retournant. Comment prinsmes nous Carlat, moy et le Bourc de Gampaigne? Comment prinsmes nous Calusel, moy et Perrot le Bernois? Comment eschiellasmes nous, vous et moy sans autre ayde, le chastel de Merquel5, qui est au conte dauffin? Je ne le tins que cinq jours, et si en rechups sur une table cinq mil frans, et encoires en quittay jou mil pour l'amour des

4. Morëtier Viller. Montivilliers, Seine-Inférieure, arr. Le Havre; ses fabriques de drap étaient célèbres.

2. Lendit. L'endit (indictum),puis par corruption le Lendit, nom d’une foire importante qui se tenait à Saint-Denis du A1 au 14 juin et coïncidait avec l'exposition des reliques de 7/4

Passion conservées dans la basilique.

5. Merquel. Mercœur, Haute Loire, arr. Brioude, €. Voüte- Chilhac ; ne pas confondre avec la localité du même nom située dans Ja Corrèze,arr. Tulle. Froissart a raconté ailleurs (livre I, ch. cexiv) comment Marchès s’était emparé de ce château.

| LES ROUTIERS. 965 enffans du conte dauffin. Par ma foy, ceste vie estoit bonne et belle. Et me tien pour trop decheü de ce que j'ay rendu né vendu Aloise, car il faisoit a tenir! contre tout le monde, et si estoit, au jour que je le rendy, pourveü de toutes necessités pour vivre et tenir sans estre raffreschy d'autres pourveances pour sept ans. Je me tiens de ce conte d'Ermignach pour trop villainement decheü. Olim Barbe? et Perrot le Bernois me disoient bien que je m'en repentiroie. Certes de ce que J'en ay fait, je m'en repens trop grandement. »

Quant les compaignons, qui povres estoient et qui servi avoient Aymerigot Marcel, oyrent dire et mettre avant telles paroles, ils veoient que il luy anoioit et que il parloit de bon cuer et tout acertes. Si lui disoient : « Aymerigot, nous sommes tous prests a vostre commandement. Si renouvellons guerre, et advisons quelque bon fort en Auvergne ou en Limosin, et le prendons et forteffions. Et par ainsi nous avrons tantost recouvré tous nos dommages, et Si fait si bon et si bel voller5 en Auvergne et en bimosin que meilleur n’y peult faire; car premierement le conte dauffin et messire Hues son frere

- 1. À {enir. Sur la locution | Arnoul, par la série Arnolin, forre a, voy. p. 82, n. 2. lei | No/in, puis, par fausse étymoelle. marque moins le mérite | logie N° Olin (En, N° — sire que la faculté : « Il (le chà- [en provençal), Olin.

eau d’Aloise) était en état de | 3. Voller. Ce serait un contir ». tre-sens que de prendre ce mot "= 2. Olin est dininutif de! dans son sens actue!, car les

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EXTRAITS DE FROISSART sl

sont hors du paÿs, et pluiseurs chévalliers et escuiers en leur compaignie ou voyage de Barbarie!; et par especial le sire de Goucy?, qui est regart* souverain de par le roy es marches de par decha, est ou dit voiage. De lui n'avons garde, ne du duc de Berry; car cellui la se tient a Paris et la se donne du bon temps. — Je ne sçay,» dist Aymerigot, « maisje suis en bonne voulenté, reservé ce que on m'a par mos exprès enclos en la chartre de la trieve*. » À ce respondirent les compaignons : « Que de ce? Or le tenrés vous se vous voulés. Vous n'estes homs en riens au roy de France, si ne lui devés foy ne obeïssance. Vous estes homs au roy d'Angleterre, car vostre heritage, lequel estoit tout

routiers ne se considérérent jamais comme des malfaiteurs ; il signifie d'abord chasser au vol, puis chasser en général et enfin, métaphoriquement, faire du butin.

4. Barbarie. I] s’agit de l'expédition dirigée sans succès par les Génois contre les pirates des côtes barbaresques, particulièrement de Tunis {mai 1590), et à laquelle prirent part de nombreux seigneurs français, le duc de Bourbon, le comte d Eu, le dauphin d'Auvergne, les sires de Couci et d’Albret, etc.

2. Coucy. Enguerrand VIT, sire de Couci, comte de Soissons, gendre d'Édouard II, mort prisonnier des Turcs à la suite de la malheureuse expé-

dition de 1396 en Bulgarie. I!

avait été l'un des protecteurs de Froissart. Voy. p. 168.

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