Gonne. Vêtement descen-| 3. Il. Sous-ent. et gue
LES, à
couronne de France ne monseigneur de Berry; car “ous estes fauls et trahitre, qui avés enfraint les “rieves et ‘brisiés, si le vous fault comparer. Et pour la cause de vous, monseigneur de Berry me: het et traite de ma mort ou de m'avoir vif, mais Je feray ma paix par vous, car Je vous y rendray ou mort ou vif : ja mais de ceans ne sauldrés. »
De ces paroles fut Aymerigot tout esbahy, et respondi : « Comment, Tournemine ? Je suis vostre cousin germain. Est ce tout acertes que vous le dittes? Le faittes vous pour moy effroier? Je suis venu icy en grant fiance pour vous veoir et remonstrer mes besongnes, et vous me faittes si crueuse chiere, et me dittes paroles si dures! — Je ne sçay, dist Tournemine, que vous voulés dire ne proposer; mais ce que vous ay dit je le vous tendray. » Dont mist 11 la main a luy, et ses vallets saillirent avant, qui estoient tous advisés quel chose il devoient faire.
La fut prins Aymerigot, ne nulle deffense ne pouoit avoir en luy; car il estoit tout nuds et enclos en ung chastel; ne pour parole ne langaige que il sceuist dire ne monstrer Tournemine ne s’en volt souffrir que de deux jambes il ne le feïst mettre en deux fors fers et dedens une tour forte et bien fermee de bonnes gardes sur luy.
Quant 1 ot ainsi fait, ja estoit le chastel clos et bien fermé. Il prist les clefs et fist ung commandement que nul de ses vallès sur la vie ne s'avançast pour aler vers la porte, se il n’y estoit envoyé. Son commandement fut bien tenu.
es RAR, fes Eee ÉCPTANTS +: ES à -
"IL escripvy unes tirer {out a sa voulenté, les quelles lettres se devoient adreschier au duc dè Berry,.et escripvoit que iltenoit en prison Aymerigot, et, se le duc luy vouloit quitter et pardonner son maltalent et faire sa paix partout, il luy delivreroit. Quant ces lettres furent escriptes et seellees, il prist l'un de ses vallès Le plus feable! et agreablé, et luy dist : « Va t'en en France devers monseigneur de Berry. Baille lui ces lettres, et ne retourne point qu’. tu n'en aies response. » Le vallet prist ces lettres et monta sur ung cheval fort et BEN, si se departv du chastel et exploitta tant par ses journees que il vint a Paris. Le duc de Berry se tenoit pour le temps la. Il vint devers luy et luy bailla les lettres de son maistre Tournemine. |
Le duc prist les lettres et les lisy, et, quant il les ol leües, il commença a sourire et a dire ainsi a ses chevalliers qui estoient delés luy :« Voulés vous oÿr nouvelles de Aymerigot Marcel? Il est attrapé par son cousin germain Tournemine; il le me escript et le tient prisonnier. » Les chevalliers qui oirent ces paroles dirent : « Monseigneur, ce sont bonnes nouvelles pour le pays d'Auvergne et de Limosin, car en Aymerigot il ont eù long temps ung mauvais voisin. Or a il fait?, se vous voulés; car il en passera parmi le gibet, ne autre pardon nes
1. Feable, digne de con-,me feal (-alem pour -el/em', fiance ; c'est feeil avee un 2. Fait, c.-à-d. fini. « C’e:t autre suffixe -abulem; de mè- | fini pour lui d'agir ainsi. »
ere: DB à
RS LES ROUTIERS. rs raenchon il n'en devroit avoir. — Je ne sçay, » dist le duc de Berry, « quele roy et son conseil 1 en twouldront faire. J'en parlerai a euls. »
Peu de temps après, Aymerigot fut amené à Paris et on nstruisit son procès.
Depuis que Aymerigot Marcel fut rendu au prevost du Chastelet, on n'en fist pas trop longue garde. Îl fut jugié a morir honteusement, comme traitre a la couronne de France. Si fut mené ung jour sur une charrette en une place que on dist aux Halles, et la tourné au pilory pluiseurs fois. Depuis on lisi tous ses fais pour lesquels 1l recepvoit mort, et la fu delés luy longuement messire Guillemme le Bouteillier‘, qui moult parla a luy : on supposoit que c’estoit pour les besongnes d'Auvergne et pour sçavoir la verité d'aucuns capitaines que il y avoit, se point estoient participans de ses meffais. Les seigneurs le sceurent bien, mais Je n'en peuls oncques rien sçavoir. IT fut la executé?. On lui trencha la teste, et puis fut esquartelé, et chascun des quartiers mis et levé sur une estache* aux quatre souveraines portes de Paris.
des châteaux de Ventadour ct de Vendeix.