‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 211 sur 341 · Au lonc, de loin · texte numérisé non relu

Au lonc, de loin

5. Alaintes.Atainte,chose que l’ou desire atteindre, but, fin:

Fo

iGand qui s’appelloit Jehans Lions‘, sage homme. soutil, hardit, cruel et entreprendant et froit au besoing assés. Cils Jehans Lyons fu si trés bien dou tonte comme il aparut ; car li contes l’ensonnia de faire ochire un homme en Gand qui li estoit contraire et desplaissans, et au commandement dou conte, couvertement, Jehans Lyons prist parolles de debat a celi et l’ocist. Le bourgois mort, qui s'apelloit Jehan d'Yorque?, il s’en vint demorer a Douay, et la fu priès de trois ans, et tenoit bon estat et grant, et tout payoit li contes. Pour celle ocision, Jehans Lions en la ville de Gand perdi un jour tout ce qu'il y avoit, et ju banis de le ville a cinquante ans et un jour. Depuis li contes de Flandre esploita tant que il li fist pais avoir a partie et ravoir la ville de Gand et le franchisse : che que on n'avoit onques mais veü, dont pluiseurs gens en Gand et en Flandres furent moult esmervilliét, mais ensi fu et avint. Avoccques tout ce, li contes pour le recouvrer en chavanche et pour tenir son estat® le fist doyen des navyeurs‘. Chils offisses li pooit bien valoir mil livres l'an a aler droi-

À. Jehans Lions. Jean Yoens (et non Lion), fils d’un ancien compagnon d'armes de Jacques artevelde qui avait été six fois échevin (de 1526 à 1341), fut lui-même doyen des Petits Métiers et plusieurs fois échevin.

Après avoir été le favori du conte, il devint, comme on va le voir, le chef principal de l'op-

position. 1l mourut, empoisonné, selon quelques-uns, cette année même (1379).

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