‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 248 sur 341 · HO · texte numérisé non relu

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qu vil fit coucher auprès de lui, qu'il Dit pour son « valet de chambre » durant quarante jours; c’est Commines qui lui lut ses « lettres closes » et l'aida à se confesser. Nous ne pouvons donc songer à exposer exactement ici la part que Commines prit aux affaires ; il faudrait pour cela faire l’histoire, fort compliquée, dela diplomatie de Louis XI : il nous suffira de rappeler les négociations qu’il fut chargé de conduire pour montrer combien cette part fut importante ; il est à peine besoin d'ajouter que le fidèle agent du roi de France brilla plus souvent par l'habileté que par l'honnêteté. Après l’entrevue de Pecquigni, où l’on avait conclu avec l'Angleterre une trêve que l’on sentait fort peu solide, Commines partit pour Londres; il devait attirer au parti du roi de France ce lord Hastings qu'il avait déjà corrompu pour le compte du duc de Bourgogne quatre ans auparavant; il y réussit en lui offrant une pension double de celle qui lui était faite par Charles le Témérairet. En 1477, après la mort de son ancien maître, il fut envoyé en Bourgogne, sans doute pour prendre possession de la province au nom du roi: Louis XI, alléguant un vieux droit féodal, ne voulait, disait-il, que da garder pour sa parente et filleule, Marie de Bourgogne. Au mois d’avril 4478 Commines se mettait en route pour l'Italie: il devait y soutenir la cause des Médicis?, mais surtout essaver de former, dans le nord de la Péninsule, une confédération placée sous le protectorat de la France, et destinée à faire contrepoids à la ligue suscitée au sud par le pape Sixte IV et le roi de Naples: il réussit du moins à resserrer les liens qui unissaient à

4. Lord Hastings, non moins] 2. Ils venaient de réprimer roué que Commines, accepta la | une terrible émeute qui avait pension, mais refusa d'en don- | mis leur pouvoir en darger ner un reçu; il fallut qu'on lui |et coûté la vie à Julien de glissât, comme de force, l argent | Médicis, frère de Laurent le dansla manche(voy.Mém.,VI,1). | Magnifique,

- même ce qu'il dit du sire de Craon (V, 17) :

la France la SR de Florence et F hé Milan.

Eutin, après la mort de la duchesse de Savoie, c’est lui qui, deux fois de suite, tint tous les fils des ténébreuses intrigues dont le résultat devait être de placer à la tète de la régence un personnage dévoué au roi et de remettre entre les mains de celui-ci le jeune duc lui même?,

Ce n'est rien moins que gratuitement que Commines rendait au roi tous ces services, On pourrait dire de Jui- « C’estoit ung saige homme et seur pour son maistre, mais ung peu trop aymant son proulfit ». Aussi avait-il toujours grand soin de ne pas se laisser oublier, et Louis XI, le sachant soucieux avant tout de ses intérêts, le prenait par son faible, Outré une pension de 6000 livres qu'il lui avait accordée au lendemain de sa défeclion, outre les charges lucratives5, les cadeaux en argent et en nature dont il ne cessa de le combler #, il lui avait constitué en Poitou un apanage qui non seulement faisait de lui un des plus riches propriétaires de France, mais élevait à la dignité de prince ce fils de petits bourgeois flamands5 : de la terre de Talmont, qu'il lui donna, ne relevaient pas moins de 1300 fiefs et arrière-fiefs; enfin, le 27 janvier 1475, Commines épousait Hélène de Chambes, dont [a dot, in- Justement grossie par le roi, et composée d’une douzaine de seigneuries voisines de Talmont, venait arrondir ce magnifique domaine. On le voit, en abandonnant le duc de Bourgogne pour le roi de France, GCommines n'avait pas perdu au change.

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