L'acte de renouvellement 2. Celle de sénéchal de Poi
de l'alliance conclue entre la France et le duché de Milau fut signé à Florence le 18 ooût 147x,
2, Voy. sur cette affaire la Notice de M'e Dupont, pe 77-
DA
tou par exemple.
4. Voy.la liste de ces donations dans l’édition Dupont, IH, 182, ». Commines avait été crté chevalier par Charles le Téméraire, :
6 En 1469, il touchait L là
Il avait été és. trop ba il par ! Louis XI pour n'avoir pas à redouter un Anseen de règne : en effet, l’avène-
ment d’uu nouveau roi marqua pour lu , aussi bien que la
fin de sa haute fortune politique (bien qu'il n'eût alors que trente-huit ans), le commencement d’une série de déboires, fort mér.tés au reste, qui ne devaient finir qu'avec sa vie.
- Le roi lui avait donné une fortune princière, mais qui ne
lui avait pas coûté cher : il s'était borné à en dépouiller les légitimes possesseurs, les seigneurs de la Trémoille, dont les protestations avaient été, tant qu'il vécut, sommairement étouffées. Mais après sa mort le procès fut repris. Commines, habile surtout quand il s'agissait de ses intérêts, sut si bien meltre en œuvre tous les artifices de la chicane qu'il entrava durant huit ans le cours de la justice; mais enfin il fut. obligé de céder, et un arrêt du ù septembre 1491 remit la famille de la Trémoiïlle en possession de ses biens.
On ne se douterait pas qu'au moment même où Commines conservait assez de présence d'esprit poûr disputer pied à pied sa fortune, il avait à se défendre contre uue accusation de la dernière gravité et qui eût pu le mener droit en place de Grève. Dans les premiers temps du nouveau règne, il avait conservé tout son crédit ; il fut même l'un des quinze notables qui composèrent le conseil du
- jeune roi; mais, peu de temps après, en haine d'Anne de
Beaujeu, qui Soutenait la famille de la Trémoïlle, il se jeta dans le parti féodal, dirigé par le duc d'Orléans?, et s’associa même à un complot “dont le but était, dit-on, de
s'emparer de la personne du roi. Arrêté, il passa huit
mois à Loches dans une de ces cages de fer imaginées par Louis XI, puis près de deux ans (du 17 juillet 1487 au
- cour de Bourgogne dix-huit | affaire dans la Nofice de
sous par jour . feu op.|M'e Dupont, p. 39-45, 58-74,
TP ONE Re 82-98.
4, On peut voir le détail de | 2, Le futur Louis XIT. Voy.
cette longue et scandaleuse | page suivante.
a 7. Fe 341 5e d 4
24 mars 1489) « en la haulte chambre de la tour carree de la Conciergerie », où, condamné au secret le plus rigou-. reux, il n'avait d’autre distraction que de voir de ses fenêtres « arriver ce qui montoit contremont la riviere de Seine, du costé de Normandie » ([,8). IL se défendit avec tant d’habileté et d’éloquence que l'accusation de haute trahison fut écartée ; il fut condamné, le 24 mars 1489, à la relégation, pendant dix ans, dans un de ses châteaux, à une amende de 10000 écus d’or et à la confiscation du quart de ses biens.
Cet arrêt, moins rigoureux qu’il n’eût pu lêtre, ne fut pas exécuté : dès 1492, Commines avait repris séance au conseil du roi, et il put croire qu’il allait y retrouver la place prépondérante qu'il y avait déjà occupée. Il fit partie de cette expédition d'Italie qu'il avait vivement déconseillée, et fut envoyé comme ambassadeur à Venise (septembre 1494), où il ne put empêcher la formation d'une ligue des Etats italiens contre Charles VII. Quand on se fut décidé à regagner la France à marches forcées, il favorisa la retraite en amusant les ennemis par de feintes négociations avant et après la bataille de Fornoue (5 juillet 1495), et contribua à sauver la garnison française de Novare en hâtant la conclusion du traité de Verceil. Il remplit à Milan une mission qui eut un médiocre succès, puis 1l reparut à la cour, où le nouveau roi (Charles VIIL était mort le 7 avril 1498), de qui il avait été, dit-il, « aussi privé que nulle aultre personne »1, lui fit un accueil très froid. (« Le duc d'Orléans, en montant sur le trône, avait perdu la mémoire des services aussi bien que celle des injures?. »
Il ne tarda pas à rentrer dans la vie privée, dont il ne devait plus sortir; mais il n’y trouva pas le repos; inquiété dans la jouissance de ses droits seigneuriaux, il
4. Voy, plus haut, p. 541,| 2. Me Dupont, Notice, n. 2.. p. 118,
r 7 RE CC NOTICE.
alla jusqu’à la violence pour les défendre, et fut condamné par son successeur, le sénéchal de Poitou, à des dommages et intérêts. Les biens même dont il s'était enrichi par son mariage lui étaient disputés ; cet infatigable plaideur les défendit énergiquement et engagea un procès qui ne devait se terminer que plus d’un demi-siècle après sa mort (il durait encore en 1560) par la condamnation de ses héritiers. Dans les dernières années de sa vie, il n'était plus que le locataire de son château d’Argenton.
Ainsi s’émiettait cette immense fortune si rapidement X7
acquise. Il essayait d'oublier ses tristesses et d'occuper ses loisirs forcés en écrivant ses Mémoires, où il faisait revivre les souvenirs d une époque plus heureuse et déposuit les fruits de son amère expériencet. Îl termina le 18 octobre 1511 une vie qui avait été fort agitée et durant laquelle il n’avait pas pratiqué un seul instant le conseil qu'il se permettait de donner aux princes en terminant la première partie de son livre, de (moins se soucier, et moins se travailler, et entreprendre moins de choses, et plus craindre à offenser Dieu ».
IL. — Sox AUTORITÉ HISTORIQUE ; SES 1DÉES POLITIQUES ET MOR\LES
La vie de Commines explique admirablement son œnvre,
qui est, comme on pouvait s’y attendre, celle d'un homme X
1. Ils se divisent en deux parties qui forment en réalité deux ouvrages distincts: les six premiers livres, écrits de 1488 à 1494 (voy. éd. Dupon', Notice, p.133, n.] commencent en 1464 et s'arrêtent à la mort de Louis XI: les deux derniers, écrits de 1497 à 1501, ou peutêtre plus tard, racontent en détail les divers incidents de la
guerre d’Italie (1494-95). La première partie, dont on possède cinq manuscrits du commencement du xvi® siècle, a été publiée pour la première fois en 1524, la seconde, dont aucun manuscrit ne s’est retrouvé, en 1528. — Sur les manuscrits et éditions, voy.
l'Introduction à l’édition Calmette, p. XVIII ss.
Agé
En
Ex Ars sr r RAIN
7 d'affaires et d’un politique. De l’homme d'afires, il à 4:
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netteté, la précision, le souci de l'exactitude: il-né parle pas volontiers des événements auxquels il n'était pas présent, et, quand il le fait, il nous en préviént, ét cite. ses autorités !.
Nous savons qu'il a été parfaitement informé?, et il proteste qu'il s’est tenu « lé plus près de e la verité qu'il à peu et sceu avoir la souveniances ». Mais. le politique n'a-t-il point parfois gêné l'historien ? IL n’en faut pas douter. Commihes, € qui était avant tout un hornme d'État, dit fort bien un récent critique#, à fait le diplomate vis-à-vis de la postérité y». Il nous prévient du reste lui-même (HF, 9) qu'il nous dit « partie de ce qui ‘il
sçait ». S'il à mis à nu tous les ressorts de la politiqué de son maître, il n'en explique nullement les -moyéns ct les démarches, surtout quand il y a été mélé : il est plus” que discret sur ses propres amb2ssades, sur feur véritable but, sur la suite de ses négociations el en général sur les
motifs qui l'ont fait agir5. Quant à ses appréciations sur