‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 262 sur 341 · Luy. Cf. p. 564, n · texte numérisé non relu

Luy. Cf. p. 564, n

7. Congneu. Ce personnage, qui fut ensuite baïlli de Troies, n'a pas laissé dans l’histoire des

ES

Le dit conte se mist par le champ, pour rallier ses gens ; mais je veiz telle demye heure que nous, qui estions demourez la, n'avions l'oeil que à fouyr, se il fust marché cent hommes. Il venoit a nous dix hommes, vingt hommes, que de pied, que de cheval; les gens de pied blessez et lassez, tant de l'oultrage que leur avions faict le matin! que aussi des enne- MYS ; luy revint incontinent qui n’amena pas cent personnes, mais peu à peu en venoit, Notre champ! estoit aussi ras? en demie heure; devant les bleds ou toient si granz et la pouldre la plus terrible du monde, tout le champ semé de mors et de chevaulx, et ne se congnoissoit nul homme mort, pour la pouldre.

Incontinent veismessaillir le conte de Sainet Pol du boys, qui avoit bien quarante hommes d'armes avec luy, et son enseigne”, et marchoit droict a nous, et. croissoit de gens; mais il nous sembloit bien loing. On luy envoya trois ou quatre foys prier qu'il se hastast ; mais il ne se mua point, et ne venoit que le pas, et fit prendre des lances a ses gens, qui estoient à terre; et venoit en ordre (qui donna grant reconfort a noz gens), et se joignirent ensemble avec grant nombre, et vindrent la ou nous estions: et nous trouvasmes bien huyt cens hommes d'armes, de gens

traces aussi notables que ce| 5. Enseigne. « My party de passage pourrait le fairecroire. |soie grise et rouge, à une li-

1. Le matin. Entendez : « en | corne d'argent... a tout la corne faisant passer sur eux nos |et le bout des pieds d'or, et si hommes d'armes » (à cheval). avoit escript de grandes lettres 9. Ras, rempli jusqu'au bord. d’or : Mon mieulx » (Hennin).

* BATAILLE DE-MONTLHERT 367

Fo Li € EXTRAITS £ pe GoNMINES. er.

à de et peu ou ne. qui garderent bien le dit ul qu'il n’eust la victoire entiere : car il y avoit ung fossé et une grande haye entre les deux batailles dessus dictes 1...

Des deux parties y mourut deux mille hommes du moins : et fut la chose bien combatue, et se trouva des deux coustez de gens de bien, et de bien lassez. Mais ce fut grant chose, a mon advis, de se rallier sur le champ et estre trois ou quatre heures en cest estat, lung devant l'autre, et devoient bien estimer les deux princes ceulx qui leur tenoient si bonne compaignie a ce besoing; mais ilz en firent comme hommes, et non point comme anges : tel perdit ses offices et estatz pour s’en estre fouy, et furent donnez a d'autres, qui avoient fouy dix lieues plus loing. Ung de nostre costé perdit auctorité, et fut. privé de la presence de son maistre; ung mois après eut plus d'auctorité que devant.

Cloz que nous feusmes de ce charroy, chascun se

logea le mieulx qu'il peut. Nous avions grant nombre de blecez, et Fa pluspart fort descouragez et espouventez, craignans que ceulx de Paris, avec deux cens hommes d'armes qu'il y avoit avec eulx, et le mares-

-chal Joachim?, lieutenant du roy en là dicte cité,

À. Dessus dictes. Commines | rent jusqu'à la nuit en pre- - avait donné, dans un passage | sence Fune de l'autre, mais, - que nous ne reproduisons pas, | dit-il, « nul ne desiroît plus . les noms des principaux sei- | de combatre. » gneurs qui furent tués ou bles- | 2, Joachim. Joachim Rouault, sés et de ceux qui prirent la | maréchal de France, était alors fuite. Les deux armées restè- | lieutenant du roi à Paris.

SRE M LE SAR 0 BATAÎLLE DE MONTLHÉRE sortissent, ét que l'on eust affaire de deux coustez. Comme la nuyt fut toute close, 6n ordonna cinquante lances, pour veoir ou lé roy éstoit logié‘. Il y en alla par adventure? vingt. Il y pouoit avoir trois gectz d'ares de nostre camp jusques où nous cuydions Île roy. Cependant monseigneur de Charroloys beut et mangea ung peut chaseun en son endroit, et luy fut adoubee$ sa playé qu'il avoit au col.

Au lieu ou il mengea fallut oster quafre ou cinq hommes mors pour lui faire place, et mit l'on deux boteaulx‘ de paille ou se sist; et en remuantillec, ung

de ces pouvres gens nudz commencéa® a demander à boire; on luy getta en la bouche un peu dé ptizanne,

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de quoy le dit seigneur avoit beu, dont le cueur luy re-

vint, et fut congneu, et estoit un archier de corps du dit seigneur, fort renommé, appellé Savarot, et fut pensé et guery.….

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Environ mynuit revindrent ceulx qui avoient esté

mis dehors, et pouez penser qu'ilz n'estoient point allez loing; et rapporterent que le roy estoit logié a

ces feuz$ qu'ils avoient veu. Incontinent on y en en-

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