Qu'il. Voy. p. 114, n. 3. | Mém., IN
LOUIS XI ET LE SIRE DE CREVILLE. 581 age et fait entendré au seigneur de Contay les paolles dont usoit et faisoit user le connestable par ses ens, ne leur fist nulle malgracieuse responce, mais eullement leur dist: « J'envoyeray devers mon frere”, { luy ferai sçavoir de mes nouvelles »; et puis leur lonna congié. L'ung fit le serment, en la main du roy, que s'il savoit riens qui touchast le roy, de le reve-. er. Il greva beaucoup au roy de dissimuler de ceste arolle ou ilz conseilloient dé bailler terres aux An- Lo Ys ? ; mais doubtant que le dit connestable ne fist pis, n'y voulut point respondre en façon qu'ils conneussent qu'il l'eust mal prins; mais envoya devers uy; le chemin estoit court: ung homme ne mettoit TUeres à aller et venir. Le seigneur de Gontay et moy partismes de cet ostevent quant les autres s'en furent allez. Etrioit le roy et faisoit bien bonne cheret; mais le dit de Contay estoit comme homme sans pa tience d’avoir ouy telles sortes de gens ainsi se mocquer de son maistre, et veu encores les traictez qu'il ménoit avec luy5; et luy tardoit bien que ja fust à cheval pour l'aller compter a son dit maistre Île duc de Bourgongne. Sur l'heure fut depesché, et son in-
1. Mon frere, le conrétable:| 3. Venir. Louis XI était à. celui-ci avait épousé Marie de | Compiègne et le connétable à Savoie, sœur de la seconde | Saint-Quentin.
femme de Louis XL. 4. Chère. Cf. p. 389, n. 6.
2. Anglois. G-à-d, de ne pas| 5. Avec luy, que le connémanifester son mécontente- | table, maître de Greville, était ment au sujet des paroles par | en train de conclure avec le lesquelles... duc de Bourgogne.
Hg EXTRAITS DE COMMINES.
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struction escripte de sa main propre, et emporta ui lettre de creance de la main du roy, et se partit.
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La Fortune.
Le 13 septembre 1475 Louis XI et le duc de Bourgogn avaient conclu un accord aux termes duquel chacun d’eu devait ( faire son leal pouoir de faire prendre et appre hender la personne du connestable [de Saint-Pol], pou en faire pugnition.. en dedans huict jours. sans À recevoir à pardon » (Voy. plus haut, ‘p. 377, n° 3), L connétable, bien qu’informé de ce traité, eut l’imprudenc de se rendre à Mons, qui appartenait au duc de Bourgo gne. Celui-ci l'y fit garder un mois, puis finit par remettre aux mains du roi de France. Le connétable, aprè: un procès conduit avec une hâte inusitée, fut condamne à mort et il eut la tête tranchée le19 décembre 1415. & chute inspire à Commines les réflexions suivantes.
Que dirons nous ici de Fortune? Cest homme estoit situé aux confins de ces deux princes ennemys, ayani si fortes places en ses mains, quatre cens hommes d'armes bien paiez, dont il estoit commissaire, et y mettoit qui il vouloit ?; ja les avoit manyez douze ans
1. En ses mains. Entre au- 2. Vouloit. Entendez : « 1 tres, Saint-Quentin, Ham et faisait entrer dans cette troupe Bohain. qui il voulait. »
LA FORTUNE.‘ à 383 passez ; il estoit trés saige et vaillant chevalier, et qui avoit beaucoup veu; il avoit cueilly et perceu grant argent contant; et après tout cela, se trouver en ce dangier, destitué de cueur et de tous remedes! Il fault bien dire que ceste tromperesse Fortune l’avoit regardé de son mauvais visaige; mais pour mieulx dire, il fault respondre que telz grans mysteres ne viennent point de Fortune, et que Fortune n’est riens, fors seullement une fiction poeticque, et qu'il falloit que Dieu l'eust habandonné, a veoir toutes ces choses dessus dites, et assez d’aultres que je n'ay pointdictes. Ets'il appartenoit a homme de juger (ce que non! et cspeciallement à moy), je diroiz que ce qui raisonnablement devroit avoir esté cause de sa punition estoit que tousjours avoit travaillé de toute sa puissance que la guerre durast entre le roy et le duc de B :rgongne: car la estoit fondee sa grande auctorhe et son grant estat; et y avoit peu a faire a les entretenir en ce different, car naturellement leurs complexions estoient differentes. Il seroit bien ignorant celluy qui croyroit qu'il.y eust Fortune, ne cas semblable, qui eust peu garder ung si sage homme a se mettre mal de ces deux princes? à ung coup, qui en leur vie ne s’accorderent a riens que a cecy”, et encores plus fort le roy d'Angleterre, qui avoit espousé sa niepce!,