‹ Extraits des chroniqueurs francaisChapitre 334 sur 341 · LES VICES DES GRANDS · texte numérisé non relu

LES VICES DES GRANDS

lement posent leur courage; vivent plus a eux mesmes et pour eux, en leur privé appetit desordonné, - qu'en soing ne en veille de commune salut, qui! est x cause de leur seigneurie ; sont plus g'ans que autres hommes, et plus dignes en leur estat, et tels veulent - estre maintenus, mès sont moindres et plus obscurs en bonnes meurs et vertus, et ne reçoivent pourtant nulle vergongne, car ne cognoissent nulle correction sur eux; sont hors de toute reprehension, ce leur. -semble, et non serfs a nulle loi d'hommes ; et se Dieu recognoissent a desseure de eux pour les jugier, differe il ceste vengeance Jusqu'au grant jour, pe - l'entredeux pora porter avis?. Ainsi, helas! se contiennent ils et se desvoient en la grace de leurs biens et en la vanité de leurs honneurs, enivrés en pechiés - et desriglemens, et tous taris et sechiés en bous exemples et en loables conversations; couchent en- . cortinés du feu d'envie l'ung sur l'autre, et dorment enlit de machinacion perverse; veillent en ruyne et en effusion de sang par fraude, et songent en turbacion du povre innocent peuple, sans pité et sans misericorde; n’accontent a irriter Dieu ne de le traire a ire, mès que leur appetit puist estre accomply; pre- Dtrent leur affection devant l'onneur-de Dieu et privé É4 EE icir devant salut universe; font feste des malvais, malicieux, engigneux, vicieux, corrompus, gens re

1. Qui, ce qui: «chose pour | 2, Avis. « Ils disent que, - laquelle ils détiennent le pou- | dans l'intervalle, ils auront lo NO 2 temps d'aviser, de s'amender, v

169 re APPENDICE. -

prochables et damageables, et en font tresor et estore’,

et les tirent emprès eux; etles sages et preudhommes |

bien doës et bien morigenés, clers et luisans, et de grand parement?, et de fruit, et de salut, ils boutent en arriere et ne les accontent; et aux samblables a leurs doloreuses meurs vicieuses et natures ils s'adonnent et ajoingnent, et la s’arestent et adherent. Dont certes ce poise moi et m'est grant doleur de

tant d'exemples que j'en donroie bien, et dont la.

verité se preuve a l'oeil; et en est la dignité des

princes laidement obscurcie, et l’integrité de la chose

publique durement blessee et mairnise..…

Ceci ne dis je point toutesfois en charge du roy,

pour parer le duc Charles, ne que je desire a con-

Loys ici, sans touchier a sa conscience ne a ce qui estoit en l'omme par dedens, avoit beaucop d’estranges fachons de faire, non de grant pris par dehors, et les quelles estoient si patentes et si communes que

mesme tous les princes de France s’en doloient, et .

non moins les petits subjects. Et, depuis tout le temps

qu'il estoit devenu homme, on lise et quiere ses fais,

ses conditions et ses meurs, l'on y trouvera plus de

trouble beaucop que de cler: l'on y trouvera sedi- 4

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