DANS LES
Esciraits des Chroniqueurs du Moyen Age!.
Cette arme, connue dès les pre miers siécles de l’ère chrétienne, presque abandonnée du v° au x° siècle (elle fut même proaibée
:__ Arbalétriers Les arbalé- » triers étaient en général à la solde du roi, des seigneurs ou des villes ; ils jouaient un rôle attalogue à celui des archers (voy. éutre chréliens comme trop - ce mot), mais larme qwils por- meurtrière), retrouva vers le mi- . taient était um peu dilféren’ al lieu du xn° siècle une grande
1. On ne trouvera pas dans ce Glossaire l'explication de tous les termes relatifs aux coutumes e' aux mœurs du moyen âge qui se rencontrent * dans nos Extraits. Ceux qui n'étaient point susceptibles d’embarrasser - sérieusement le lecteur ou qui pouvaient êfre brièvement expliqués Font à été dans les notes ; on, n’a rassemblé ici en général que ceux dont expli » cation demandait certains détails ou gagnait à être réunie à celle de termes » similaires (voy. les articles généraux comme Armée, Monnaies, Art nau-
… tique, etc). Les termes concernant l’art militaire étant ceux qui revien- % rent le plus souvent dans ce volume, on ne s'étonnera pas qu’ils forment “ici la grande majorité — Les principaux ouvrages consultés pour la rédac-
- tion de ces modestes notes ou cités en abrégé sont les suivants : Chéruel, urore des institutions, mœurs et coutumes de la France, 5° éd. n875. — Quicherat, Histoire du costume, 1874. — Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier, 1858, et Diclionnaire raisonné de l’archilecture “française du xi° au xwi siècle, 1875. — Lalanne, Dictionnaire histo- “rique de la France, 1871. — L. Gautier, La Chevalerie, 1884. — V. Guy, - Glossaire archéolog que, tome I, A-G, 1887 (le tome Il n'a pas paru). — À: Schultz, Dus hüfische [eben nr Zeit der Minnesinger, 2 éd. 1889. | (Les ourages de P. Lacroix sur le moyen ge n’ont pas une grande. valeur
” sientilique.)
Re" GLOSSAIRE TECHNIQUE.
vogue (G. Guiart en attribue l’inroduetlion en Occident à Richard Cœur-de-Lion, tué lui-même d’un coup d’arbalête) et fut très emoloyée jusqu’au xvr siècle. L’arbalète se compose essentiellement l'un arc monté sur un fût de bois où uue rainure est pratiquée pour recevoir et diriger le projectile. La corde, d'abord tendue à la main, puis avec l'aide du pied (tantôt d'un seul, tantôt des deux), finit par l'être mécaniquement, et les ditférents systèmes de bandage, de plus en plus perfectionnés, donnèrent lieu à une foule de variétés d’arbalètes (à pied de chèvre, à moufle, à tour, à cranequin (= cric), etc.). Il y eut même de grandes arbalèles montées sur roues qui formaient de redoutables engins de siège. Les projectiles employés étaient la flèche (saiele), le quarrel (flèche munie d'un fer pyramidal), le vireton (fléche empennée en hélice avec des lamelles de bois ou de fer qui la faisaient tourner sur ellemême).
Archers. L'emploi de larc comme arme de guerre remonte aux premiers temps du moyen âge (on trouve déjà des archers représentés sur la fameuse tapisserie de Bayeux, qui est du x1°siécle). Mais c’est surtout au xiv° s.
que les archers prirent, ainsi que les arbalétriers, unegrande importance. Ils étaient jusque-là assez méprisés : voy. les vers de Girart de. Vienne cités p.135. Édouard III renouvela en partie l’art militaire en renversant la proportion dans laquelle étaient employés les divers éléments d’une armée, de façon à augmenter notablement le nombre des gens de pied, ar-
es (ls. LL * De, corde Ÿ
chers et coutilliers (hommes ar- … més d’une lance courte et portative) (voy. S. Lure, B. du Guesclin, p. 153). Les archers anglais, qui étaient renommés pour leur adresse, ne contribuërent pas peu au gain des batailles de Créci et | de Poitiers. À partir du milicu du :
xIv° siècle, on assigna surtout pour mission aux gens de pied de jeter le désordre dans les rangs ennemis avant l’engagement décisif (voy. dans Froissart le récit de la bataille de Créci). En 1448, Charles VII institua les francesarchers, troupe à cheval dont le rôle était passablement différent « et qui forma un des premiers corps régulièrement organisés en France. (Voy. Boutaric, Inslitu- :
lions militaires de la France :
avant les armées permanentes, " 1863.) sh Armée. On sait que la France n'eut pas d'armée permanen'e # «ant le xv° siècle (1439 et 1446, création de quinze compagnies * d'ordonnance). Avant cette épo- 3 que, l’armée se composait exclusivement des seigneurs et de leurs | vassaux, qui ne devaient à leur « suzerain le service militaire que
gs -
pour une durée de quarante jours (soixante jours, à partir du xur° siècle; il arrivait souvent du reste que ces limites étaient abusive- « ment dépassées). Chaque chevalier commandait directement à … ses écuyers et à ses vassaux (gens »
de pied, sergents) et ohéissait luimême à son suzerain. Les hommes de la même région étaient « donc rassemblés en un même.
corps, qui, en principe, avait 1@ droit d'opérer séparément. On° essayait d’atténuer l'extrême con- \ fusion qui devait résulter de ce
système, soit en élisant avant le combat un ou deux chevaliers expérimentés auxquels on conve- . nait d’obéir (voy. Robert de Clari, éd. Hopf, p. 40), soit en tenant un conseil où tous les barons avaient le droit d’émettre leur avis et où . Jon arrêétait les pr incipales dispo sitions, que les maréchaux élaient chargés de faire observer. Mais ces précautions étaient souvent insuffisantes, et l’indiscipline qui régnait dans les armées féodales fut cause de plus d'un désastre:
Ce sont les inconvénients de cette indiscipline et l'impossibilité de soutenir une guerre sérieuse avec des contingents si instables qui - amenérent peu à peu l'institution . de ces troupes soldées qui furent … la première esquisse des armées permanentes d'aujourd'hui (voy.
Boutaric, op. cit.).
Armes et Armures. Nous ne pouvons songer à donner ici une idée complète de l'armement au-moyen âge: c'est du reste un sujet sur lequel il est facile de se
renseigner (voy. les ouvrages cités p. 465, n. ). Nous ne voulons qu’indiquer Iles transformations les pe importantes qu’il subit au cours des âges. — Au x° siècle, - l'homme de guerre porte une lon-
5 rue. tunique, ordinairement de . suir, recouverte d’écailles ou e | d’anneaux métalliques (broigne).
(Voy. L. Gautier, La Chevalerie et
… Chanson de Roland, éd. class., … Eclairciss. IL) Au-xr° siècle, la * broigne se modifie et donne naisonce à la cotte de mailles, ou haubert, tunique d’anneaux de ter entrelacés, L’écu ou houclier allongé et le heaume (voy. ce .mot) complétaient l'armement dé-
-lensif, la /ance (ou espiet), l'épée €
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et la masse formaient les armes offeñsives. La broigne et le haubert, qui ne sont en somme que des variétés du même vêtement, unissaient la souplesse à une impénétrabilité relative, mais garantissaient peu des chocs; aussi voit-on, dès la fin du x siéele, s'introduire l'usage de pièces 1igides ou plates, qui furent d’abord appliquées sur cer'aines parties du costume de guerre, et finirent par le constituer tout entier et recouvrir le corps des pieds à la tête. Cette importante transformation s’opéra graduellement dans le cours du xrv° siècle ; le xv résolut, par un système compliqué d’articulations, le difficile probleme de conserver une certaine souplesse à une armure composée tont entière de pièces rigides, mais il ne se préoccupa que fort peu de ménager les forces du combaltant. Au xvw° siècle, les armures devinrent de plus en plus massives, à mesure que les armes à feu devenaient plus redoutables, au point que, selon La Noue, la plupart des hommes d'armes, au bout de quelques années, etaient estropiés. L’armure proprement dite, dont les plus beaux types appartiennent aux xv° et xvi° siècles, ne fut tout à fait abandonnée qu’au commencement du xvu°, malgré les efforts que fit Louis XIIT pour en prolor ger l’usage. (Voy. les ouvrages cités plus haut et De Wailly, éd.
de Joinville, Eclairc. IL et IV.)
Artillerie. Ce mot désigne, non seulement les engins et les machines de guerre, mais tout l'outillage et le matériel accompagnant une armée.
Auqueton (de l'arabe al
AR NU GLOSSAIRE TECHNIQUE. Re pe
coton), « étoffe de coton sans tein-
ture, et aussi tunique coftante rembourrée, de longueur variahie, couvrant le torse et le haut des cuisses », (Gay)
Barbacane. Ouvrage de for-
tification avancé, ordinairement reliéauxrempärtsd'un chätean on d’une ville par un chemin fortifié, et qui servait à défendre ur point particulièrement vulnérable ou important, comme la tête d'un pont, Voy. la description détaillée d’une barbacane dans Viollet-le- * Duc, Dict. d'archil., 1, 352.
Botequin, diminutif de l’anglais boat, barque ou bateau, En orfèvrerie, &'est « une petite nacelle roulante accompagnant les nefs (vases contenant les épices et les couverts) à table, où elle servait à mettre les fruits. ou seulement à porter des lumières ».
(Gay)
Erigandine. Armure défensive portée ordinairement par les brigands (cf. gamboison) et qui semble être une transformation de la broigne du xr° siècle. C'était «une sorte de pourpoint formant cuirasse... et consistant en un tissu d'écailles d'acier enfermé entre deux fortes toiles et recouvert de cuir ». (Gay)
Brigands, Soldats à pied légèrement armés, soit d’un are, soit d’une petite lance (coutil) et d'une courte épée appelée souvent miséricorde. Nous avens expliqué ailleurs le rôle des archers; celui des coutilliers est clairement indiqué-par Froissart (V, 421) : « Les brigans de piét, dit-il, que li aucun appellent ribaudaille.., sieuvent les gens d'armes (combattants à cheval), et se mettent entre les batailles,
et, si tost que on à abeta “eos.
d'armes, ils viennent sus yaus et:
les ochient ». Ù Hiroigne. Voy. à Armes.
Chape, Chaperon, Chapel. La chape était « uu mänteau .
droit qui se posait sur les épaules etquis’atlachaitsurlapoitrinepar une ägrafe » (Quicherat), On voit qu'il ne différait pas esscntiellement du vêtement ecclésiastique :
qui a gardé cé nom. Le chape- | ron élait une coiffure d'étoffe, cunmune aux hommes et aux femmes, qui enveloppait toute la | tète : cf. coiffe. Le chapel où cha- * peau, « ordinairement en feutre. | de poils, de laiie ou de coton », affeclait diverses formes, mais.
était le plus souvent bas et plat.
Chapel de fer. Voy.à Heaume.
Chat, Chat-Château. 1 chat est pr'opretient une machine :
de guerre consistant en une gale:
rie couverte et monlée sur roues, que l’on approchait des murailles | ennemies et qui était destinée à prolézer les assaillants. Cet engin
ARS NE TT aRr
était rarement employé dans sa.
forme là plus simple. Ordinairement il servait d’abri à un bélier; souvent aussi on y adjoi gnait nn beffroi ou tour roulante, et, dans ce cas, on l’appelait chat-« chastel. Ges beffrois, munis d’un pont destiné à s’abattre sur les.
muraillés ennémies, pouvaient.
avoir PUR étages ét conte nir jusqu’à 220 combattants (voy.
daus Froissart le siège de Broteuii :
en 1356, éd. Kervyn, t. V, 375) Ces.
appareils, de plus en plus per=.
fectionnés, furent en usagé de puis le milieu du xn° siècle jus qu'à la fin du xv, « 4 Châteaux de nefs, On construisait, à l'avant et à l'arrièr
pr 1, EAUX
des navires de guerre, des tours et des ouvrages en bois, ayant plus ou moins la forme de chàteaux, où l’on plaçait divers engins de destruction, pierriers , mangonneaux, ete.On lesfaisait le plus élevés possible, afin de tirer sur les vaisseaux ennemis de haut en bas. On établissait même le -lonzx des mâts et presque à leur extrémité des chastelels, platesformes suspendues où prenaient place . des guetteurs et des archers. Voy. Jal, Archéologie navale.
-Ooiïffe. La coife ne parait pas avoir différé sensiblement du chaperon quant à la forme, mais élle semble s'être portée particulièrement sous le chapeau où sous le heaume.
Cotte Cotte d'armes.La cote est une tunique légère de dessous, garniede manchesétroites.— Vers la fin du x1r° siècle, l’usage s’in- troduisit de jeter sur le haubert, pour aller au combat, une tuni- - que assez ample pour ne pas gê-
ner les mouvements, assez longue .
pour retomber sur la croupe du cheval. Ces coles d'armes, ordinairement brodées et armoriées, étaient” souvent très luxueuses:
* Robert de Clari dit naivement que les dames de Constantinople, en voyant, du haut-de leurs murail- - Les, passer des chévaliers français -revêtus de Jours cottes d'armes, es comparaient à des anges.
iér de forme ovale ou triangulaire, fait de bois recouvert d'un “cuir solide et portant à son centre ne boucle ou proéminence métaldique (de là escu boucler, puis bou- ; -glier).. L'écu était fixé au con au moyen d'une Fe ais celte
cu. L'écu est un grand bou-.
ROSES | GLOSSAIRE TEOINIQUE.
bride était assez longue pour perinettre au bras gauche de le manœuyrer'à l'aise, Assez long au x siècle pour couvrir le combattant des pieds à Ja tête, l’écu
avait pris au xu° des proportions :
un peu moindres:
Ecuyers. Voy. à Armée et à Hommes d'armes.
Esclavine. « Sorte de blouse faite de laine grossière, à larges el courtes manches et surmontée dun capuchon. Ge surtout «e pèlerin servait aussi de manteau «de pluie » (Gay).
Ganboison, Gambais, Pourpoint ou tunique garnie de bourre et piquée que les chevaliers portaient sous le haubert pour en adoucir le frottement. Le gamboison était (avec la brigandine) le vêtement habituel des gens de pied, le haubért étant exelusivement réservé aux chevaliers.
Glaive. Malgré son étymologie(yladium), ée mot, du reste de formation savante, ne désigne jamais, du xi° au xiv* siècle, l'épée, mais toujours la lance. Joinville emploie les mots glaiveet lance en parlant de la même arme (8 519), tandis que, d'autre part,il distingue expressément entre le glaive et l'épée ($ 251). Au xv° siècle, le sèns du mot change : en 1488, Olivier de la Marche désigne sous ce nom l'épée, la lance. et Ia dague, et au xvi° siècle, le sens d'épée prévaut tout à fail.
Hieauwume. Le heaume où armure de tête subit, au cours des âges, d'importantes modifications.
Au xi° siècle, il ne couvre que le crâne, le derrière de la têle étant protégé par la coiffe de mailles formant le haut du haubert, ot le devant par uno pièce verlicalo ap
470 GLOSSAIRE XE TECHNIQUE. Se Fe
pel ie nasel (voy. Gautier, Roland, p. 390). Au xur° siècle, il affecte la forme d’un véritable pot, qui emprisonne la tête tout entière, et qui n’est percé sur le devant que d’étroites ouvertures pour les yeux et la respiration. — Le chapeau de fer, très différent du heaume, était, dit M. Quicherat, « un casque léger consistant en une calotte garnie‘ d’un bord rabattu », qui était la coiffure ordinaire des gens de pied et que portaient aussi les chevaliers quand ils voulaient éviter la chaleur. Voy. plus haut, p. 144, et Joinville, éd. de Waïilly, p. 464. — Le mot heaume (parfois heaume couronné) devint, à la fin du xiv° siècle, un terme de la langue militaire désignant, par synecdoque, un chevalier, puis par la suite, une petite unité stratégique comprenant six hom-
mes. (Voy. Froissart, réd. de Rome, éd. Euce, IV, 271, et ef.
plus bas à Lance.)
Hennin. Sorte de coiffure très haute que portaient les dames ” élégantes dans la premiére moitié du xv° siècle. « Cette singulière coiffure, dit Viollet-le-Duc, affectait soit la forme d’un cornet revêtu de drap d’or, de velours, de satin, de perles, et surmonté de joyaux, d'où s’échappait un voile de mousselines légères, soit la fizure de cornes couvertes également d’un voile. Sous ces cornes ou hennins, les cheveux étaient complètement cachés, et les femmes élégantes se faisaient épiler ou couper ras les quelques mêches qui eussent pu paraître sur le front ou aux tempes. »
Hommes d'armes. — Bien que ce terme -soit extrémement
SE ÉRST rime $
général, il lie Gdnarenen ; dès lorigine, non un combattant : quelconque, mais un chevalier.
Quand nous lisons qu'une armée + se compose d’un certain nombre * d'hommes d'armes, il ne faut pas .
identifier ce chiffre avec celui des combattants, chaque chevalier ayant avec lui un ou plusieurs écuyers, ordinairement montés, et un nombre souvent considérable de gens de pied. Lors de la création des compagnies d'or-" donnance, chaque homme d’ar-" mes, chevalier ou non, était accompagné de cinq autres com= battants. Voy. à Lance. 4 Hourts. Échafauds en Loi parfois à plusieurs étages, destinés à exhausser momentanément en cas de siège, les tours ou les.
remparts, et qui mettaient les” combattants à l'abri de tous côtés." On voit encore dans les anciens.
remparts les trous destinés à re= cevoir les pièces de bois qui devaient les supporter. Le sens dur mot étant primitivement « léger édifice de bois », on comprend qu'il ait désigné, au xiv° siècle par exemple, les tribunes du haut desquelles les dames ou les per sonnages de marque assistaient, aux tournois. | Lance. Sur ce mot désigne une arme, voy. à Glaive. — Ce que:
nous avons dit du mot heau À (sub fine) peut s'appliquer égale" ment à celui-ci. Quand Charles VII créa les compagnies d'ordonnance, il fut réglé que chacune d'elles se composerait de cent lances,
même six combattants (un homme d'armes, un coutillier, un page,un valet d'armes, deux archers deux chevaux), S