REA GLOSSAIRE TECHNIQUE
. Mangonneau. Picrrier, Pierrière, Les mangonneaux (bas latin mangonellum, du grec péyyavoy), les pierriers ou pierrières étaient des engins fondés sur le même principe que la baliste antique et qui, mis en usage dans es sièges à partir du xu° siècle, étaient destinés à lancer des masses plus ou moins considérables.
‘La description la plus précise que nous en ayons est de Guillaume le Breton (Philippide, éd. de la Soc.
de l’'Hist. de France, ch. vi, v.672), qui nous montre une pierrière mue par des cordes tendues à force de bras (Vi juvenum mulla procliviter axe rotatur — Relrogrado tractis ad lerram funibus acta) et lançant des rochers que huit hommes auraient peine à soulever. (Cf. Robert de Clari, plus haut, p. 418.) Certains textes nous montrent des pierrières lançant dans une ville ennemie, soit le cadavre d’un chevalier armé de toutes pièces (Perceval de Mennessier, v. 38225), soit des membres épars (Philomena dans Lexique roman, IN, 145). Il est donc probable que lespierrières pouvaient lancer des masses assez considélables, tandis que les mangonneaux lançaient surtout des projectiles de petite dimension : dans Villehardouin ($ 396), nous voyons Pierre de Bracieux blessé au front “une pierre lancée par un man- 3onneau. La portée de ces engins ne devait pas être très considérable, puisque nous voyons les assiégés s'en garantir en -exhaussant feurs murailles à l’aide de hourts (voy. ce mot).
Mare. C'était l'unité de poids pour l'or et l'argent. Le marc équivalait à une demi-livre, soit
8 onces, soit 64 gros, soit 192 deniers (voy. l’article Monnaies).
Maréchaux. Voy. à Armée.
Masse. Solide marteau de ler qu’on trouve, au uu° siècle, également aux mains des chevaliers 5t des gens de pied (voy. Joinville, $ 229 et 234).
Monnaies. Les unités monétaires du moyen âge sont la livre, le sou, le denier et l’obole ou maille; la livre valait 20 sous, le sou 12 deniers, le denier 2 mailles.
Malgré la simplicité de ce principe, 1l n’est pas de question plus dilficile qne celle de l'évaluation des anciennes monnaies. D'abord il est presque impossible d'en fixer la valeur relalive à celle des ‘nôtres (voy. plus haut, p. 32, n. 1); en effet, nous ignorons aussi bien Ia qualité que la quanlilé exacte (les mesures variant d’une province à l’autre) des objets considérés comme équivalant à une certaine somme, et la valeur même de ces objets varie suivant une foule de conditions de temps et de lieu. Un fait incontestable et qu'il est à peine besoin de rappeler est que la monnaie a toujours été en s'avilissant, c'està-dire que la quantité de marchandises obtenue en échange d'un poids déterminé d'or ou d'argent a toujours été en diminuant. On est généralement d'accord pour admettre que la valeur de l'argent, du milieu du xiv° siècle environ à nos jours, a diminué dans la proportion de 50 (ou 60) à 1. En d’autres termes, il faut, pour obtemr la valeur réelle d'une monnaie ancienne, multiplier par 50 le chiffre de francs ou de centimes correspondant à cette somme. Ainsi, quand on nous dit
AT 2 que la rançon d’un chevalier fut | estimée à 100 livrés tourtiois (la livre tournois valait environ 20 fruucs), nous ne dévoiis pas croire que cette Sofnime fût équivalénte à 2000 francs de notre irotinaic actuellé; il faut multiplier cë dernier chiffre par 50 et entendre que cette rançon équivaudrait aujourd’hui à 100 000 francs.
Quant à la valeur intrinsèque des monnäics, clle est elle-même très difficile à déterminer, pare> qu'il arrivait fréquemment, surtout en temps de crise, qu'on frappait des monnaies inférieures aû titre légal, c'est-à-diré contenant une quantité d'or où d'argent inférieure à celle Sur laquelle on prétendait régler leur cours (voy.
Chéruel, Dict., art. Monnaie).
Sous la réserve de toutes ces restrictions, voici quelques indications sorimaires sür la valeur des monnaiés au moyen âge.
Au temps de saint Louis, Ia valeur intrinsèque de la Jivre toûrnois était environ de 20 fr. 26,
«par conséquent celle du sou ét «du denier tournoïisrespectivement de 1fr. O1 ét de O fr. 08. Les mounaies parisis ayant une valeur supérieure de 1/5, là livre, lé sou et le denicr parisis valaient respéctivemnent % fr. 32; 4 fr. 26; 0 fr. 40 (vof. de Wailly, Joinville, p. 400).
La livre ét le sou n'avaient d’abord été que des monnaies de compte; au temps de saint Louis, le sou devint une monnaie réelle :
on frappa à éelte époque des gros tournois. d'argent équivalant à 19
- deniers tournois (f fr. O1); les monnaies supérieures frappées également à cetteépoque étaient l’agnel d'or et l'écu d'or (sur l'un‘était
totirnois, RTE 12 fr: 6, Sous Plilippe 15 Bet, ta livre re ième devint uñè monnaie réelle: | le gros royal où parisis d'or.
frappé à cétte époque valait" 20 sous parisis (25 fr. 32). Voici, M d'après M. Lalanne, les principa- " les Monnaies fiappées par lés Succésseurs dé Philippe VE :
Sous Philippe VI : FES Le parisis d’ argent — 12 deniers! ; parisis; Le grand blanc —= tournois ; D.
Le petit blane = 5 sons tour.
Hois.
10 deniers 1
Sôtts Jeati lé Bôn : « 7 Le frané d'or, ou denier d'or, ou florin d'or = 46 sous Mie 4 Sous Charles VIH:
e salut (ox); éme (or).
Sous Louis XI :
L’écu an soleil où éci Sol (or:
L'écu à la courorne (6r).
RE
On n'a pas rencontré dans ce.
tableau l’esterlin, monnaie d’ori-.
gine anglaise, valant au xur siècle
Ldbniers (ete Quant au be SRE M. de Wailly l'estime, p:
la même époque, à 10 sous ga nois. — (Voy. pour plus de détai les tablés données par M. dé Wailly dans les Mémoires de l’'Acad. des TInscr., tome XX 22 pat lié DT ST ABERESEE
Nautique (aré). Le mot.
rique désignant toutes des bâtiments. La galie ou galé moyen âge ne connaît
à rames (elle en à le plus sousent plusieurs rangs), peu large et peu élevé, construit surtout ên vue de la rapidité. Les principales variétés de la galée étaient le dromon (ce nom désigne ordinairement de très grand: nayires) et la galiote; la galéasse
et le galion (de l'esp. galeazo et . galeon) appartiennent à une époque. postérieure. Certaines galées - pouvaient avoir un équipage de 200 hommes (voy. S. Luce, La France au xiv° siècle, p. 10) et même de 300 (Joinville, $ 158).
— Les barges, plus larges que les
galées, en différaient plus par la forme que par le tonnage, elles
étaient munies d’un pont couverl
et pouvaient servir également de bâtiments de guerre ct de transport. Quant aux barges de chantier . mentionnées par Joinville ($ 132) ge sont peut-être des espèces de -radeaux (le- mot chantier, resté
assez ohscur jusqu'ici, peut dési- -gner les poutres {tel est le sens primitif de chantier) formant le pont de ces embarcations ou en-
. core l'appareil qui les maintenait ‘ -quand on les tirait sur le rivage).
æ Quant aux uissiers, C'étaient les vaisseaux de transport ou de Do ils taient leur nom d’une Jrrande porte (uis) pratiquée au dessous de la ligne de flottaison >etqui étaitsoigneusement calfatée … umefois le chargement opéré (voy.
- Joinville, $1% ; cf. Robert de Clari, éd. Hopf, p. 56): Voy. sur tous ces termes Jal, Archéologie navale.
PFavoiïs, Large bouclier, plus léger que l’écu, derrière lequel Ssabritaient les ‘combattants à pied, particulièrementlesarchers; ceux qui en étaient munis étaient