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CNIL de
Dieu: et pour ce ai} ’apelé ces deus freres qui ci sont pue je vous vueil faire une demande. » La demande
«u {eus :
« Seneschaus, » fist il,
«queus chose est
Dieus? » Et je li dis : « Sire, c’est si bone chose que mieudre! ne puetestre. — Veraiement », fist-il, « c'est bien respondu : que? ceste response que vous avés faite est escrite en cest livre que je tieng en ma main. Or vous demant je, » fist il, « le quel vous amertiés -Mmieus, ou que vous fussiés meseaus”, ou que vous eüssiés fait un pechié mortel*. » Et je’, qui onques
ine li menti, li respondi
que jen ameroie mieus
avoir fait trente qu'estre meseaus. Et quant li frere s'en furent parti, il m'apela tout seul, et me fist seoir
a ses plés®, et me disl :
tion subséquente, par ?/, ce qu'on ne peut plus faire aujourd'hui. |
. 1. Mieudre. Le comparatif de bon a régulièrement pour cas sujet mieudre (mélior), pour cas régime neilleur (melidrem).
- 2. Que signifie souvent car, yu que; mais il s'emploie fréquemment aussi dans un sens
- très vaguc comme particule
copulative.
5. Meseaus, lépreux. La lére s'était répandue en Occilent à la suite des croisades. et l'on avait souvent sousles yeux
le hideux spectacle de cette ma-
- Jadie et de l'existence à laquelle
- elle condampait ceux qui en
« Coment me deïstes vous
étaient atteints. L'étymologie du mot (qui est certainement misellum) montre combien était affreuse cette existence
4. On sait que blanche de Castille demandait à Dieu que son fils mourût plutôt que de commettre un seul péché mortel.
>. Je. Je <'emploie correctement comme sujet absolu, [à où nous disons, par un abus déjà ancien, moi. Pour le même emploi de 4, cf. p 129, n. 2 Nous avons conserve l'usage ancien dans la formule : Je soussigné. Cf. p. 131: 1 7, p.192, l2,p-146,44et:5,eic.
6. Les sièges étaient rares alors, et là où était le roi on s'asseyait par terre, quand toy-
16 EXTRAITS DE : JONVITTR. A ier ce? » Et je li dis qu'encore lc diroïe . Et dr me dist : «, Vous deistes come hastis ! musars?; car vous devés savoir que nule si laide meselerie n’est come d'estre en pechié mortel, pour ce que l'ame qui est en pechié mortel est semblable au diable, par quoi nule si laide meselerie ne puet estre. Et bien est voir que quant li ons muert il est gueris de la meselerie deu cors; mais quant li ons qui a fait le pechié mortel muert, il ne set pas ne n'est certains qu'il ait eù5 en sa vie tel repentance que Dieus li ait pardoné; par quoi grant peeur doit avoir que cele meselerie li dure tant come Dieus iert en paradis. Si vous pri, » fist il, « tant come je puis, que vous metés vostre cuer à ce, pour l'amour de Dieu et de moi, que vous amissiés mieus que tous meschiés avenist au cors, de meselerie et de toute maladie, que ce que! li pechiés morteus venist a l'ame de vous*. » — Quant li rois estoit en Joie, si me disoit : « Seneschaus, or me dites les raisons pour quoi preudonsé vaut mieus
tefois il l'autorisait. Cf. p. 1181 5. À l'ame de vous pour a
n. 6. vostre ame, à cause de au cors 1. Haslis, cas rég. hastif| qui précède.
précipité, étourdi. 6. Preudons. Le prud homme
Musars, de muser, perdre | du moyen âge est à peu près sou temps: ici, écervelé, sot, | l’honnéte homme du xyi° sièsouvent négligent, paresseux. | cle; ce mot impliquait non seu-
3. Eùü. Construction libre | lement les qualiiés mondaines, qui ne serait plus permise : 2/ | mais les vertus morales. Joinne sel pas demanderait comme | villenous apprend que Philippe “US s'il a eü. Auguste distingugit le preu-
Que ce que. UF. p. 112, | dome (homme vertueux et relin. 6. gieux| au preu home (terme
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- que beguins!. » — Lors si euéoit la tengonss
de moi et de maistre- Robert de Sorbon. Quant nous |
> avions grant* piece desputé, si rendoit sa sentence,
. tous li remanansé vous demourast7; est si grans chose etsi bone chose que neïs au nomer®
et disoit ainsi avoir le non de preudome, mais que” je le fusse, et
: &« Maistre Robers, je voudroie bien
emplist il la bouche. »
Li gouvernemens de sa vie fu teus que tous les
jours
simplement brave). C£. Notice,
Ep. #00:
1. Bequins. Les béguims et béguinesétaient des personnes dévotes vivant dans le monde avec uue certaine règle. Ceux qui reprochaient à saint Louis satrop grande piété l'accusaient d'être lui-même un béguin. On voit ici qu'il entendait mieux sa vraie mission et qu'il préférait béguinle prud'homme.ffaut venendant noter que ces mêmes paroles nouS sont rapportées ailleurs comme étant de Philippe H; saint Louis, qui admirait beaucoup son grand-père, a pu les lui emprunter.
9. Téncons. En bas latin, tentiare, dérivé de Lentum, avait pris le sens de quereller; de là le verbe tencier (mod. tancer) et le subst. tençon (cf. en latin classique contentionem); ce dernier mot, qui, à l'origine,
car. preudons
il ouoit a note ses eureset une messe de
signifie simplement, comme ici, débat, querelle, s’est appliqué à un genre littérair
Le verbe tencier n’a aucun rapport avec. {énser — protéger:
3. Sorban. Robert de Sorbon est le célèbre docteur qui fonda à l'université de Paris un collège (c’est-à-dire une maison où des maitres et des étudiants étaient logés et nourris), qui prit de lui le nom de Sorbonne.
*“4. Grant piece, grand espace (de temps). Comp. la loeustion piece a ou piéça—iiya longtemps.
o. Mais que, pourvu que.