II. — Bvr la logique et le fiyilogÎBme
De même que les sciences, telles qu'elles sont maintenant, ne inrent servir au progrès de l'industrie, la logique que nous Ktons aujourd'hui ne peut servir au progrès de la science.
La logique en usage est plus propre à consolider et perpétuer las erreurs dont les notions vulgaires son4; le fondement, qu'à découvrir la vérité : aussi est-elle plus dangereuse qu'utile.
On ne demande point au syllogisme les principes de la science ; in lui demande vainement les lois intermédiaires, parce qu'il lit incapable de saisir la nature dans sa subtilité ; il he l'esprit, teis non lés choses.
Le syllogisme se compose de propositions, les propositions de Itnnes ; les termes n'ont d'autre valeur que celle des notions, st pourquoi, si les notions (ce qui est le point fondamental) confuses, et dues à une abstraction précipitée, il n'est rien solide dans ce que l'on édifie sur elles. Nous n'avons donc
d'espoir que dans une légitime induction.
Lfif découvertes de la science jusqu'ici ont presque toutes le
de dépendre des notions vulgaires ; pour pénétrer dans
I secrets et les entrailles de la nature, il faut que notions et
soient tirés de la réalité par une méthode plus certaine
ijjiuB sûre, et que Tesprit emploie en tout de meilleurs procédés.
UL — LeB deux méthodes à priori et à posteriorL
^n*y a et ne peut y avoir que deux voies pour la recherche et lébouverte de la vérité : l'une qui, partant de l'expérience et bitSy s'envde aussitôt aux principes les pl.us généraux, et en ta de ces principes qui prennent une autorité incontestable.
juge et établit les lois secondaires (et c'est elle que l'on soit tenant) ; l'autre qui de Texpérience et des faits tire les lo s*élevant progressivement et sans secousse jusqu'aux pri les plus généraux qu'elle atteint en dernier lieu ; ceUe^ci vraie, mais on ne l'a jamais pratiquée.
L'intelligence abandonnée à elle-même suit la première voies, qui est aussi le chemin tracé par la dialectique ; Tes] effet brûle d'arriver aux premiers principes pour s'y rep< peine a-t-il goûté dé l'expérience, qu'il la dédaigne ; mais 1 lectique a singulièrement développé toutes ces mauvaise dances, pour donner plus d'éclat aux argumentations.
I/intelligence, abandonnée à elle-même, dans un esprit patient et sérieux, surtout quand elle n'est point empêcha les doctrines reçues, essaie aussi cette autre route, qui vraie, mais avec peu de succès ; car l'esprit sans règle ni est très-inégal, et tout à fait incapable de percer les ombi la nature.
L'une et Tautre méthode partent de l'expérience et des fa: se reposent dans les premiers principes ; mais il y a entre une différence immense ; puièque l'une effleure seulemei courant l'expérience et les faits, tandis que l'autre en fait étude enchaînée et approfondie ; l'une, dès le début, établi! tains principes généraux, abstraits et inutiles, tandis quel'; s'élève graduellement aux lois qui sont en réalité les plus i lières à la nature.
Il es,t absolument impossible que les principes établis par gumentation puissent étendre le champ de notre industrie, i que la subtilité de la nature surpasse de mille manières la tilité de nos raisonnements. Mais les principes tirés des légitimement et avec mesure dévoilent et indiquent facile] à leur tour des faits nouveaux, et rendent ainsi les sciencei condes.
Les principes répandus maintenant ont pris leur source une expérience superficielle et vulgaire, et dans le petit noi de faits qui d'eux-mêmes s'offrent aux regards, ils n'ont g d'autre profondeur et d'autre étendue que celle de cette expérie ce n'est donc pas merveille s'ils n'ont point de vertu créatric par hasard un fait se présente, qu'on n'a encore ni remarqu connu, on sauve le principe par quelque distinction frivole, ta qu'il serait plus conforme à la vérité de le modifier. Pour bien faire entendre notre pensée, nous donnons à
lotions rationnelles^ que Ton transporte dans l'étude de la nature, e nom de Prénotions de la nature (parce que ce sont des façons l'entendre téméraires et prématurées), et à cette science qui rient de l'expérience par une voie légitime, le nom d'Interprétation delà nature.
C'est en vain qu'on espère un grand profit dans les sciences, en grefifant toujours sur le vieux tronc que Ton surcharge ; mais il faut tout renouveler, jusqu'aux plus profondes racines, à moins ip» l'on ne veuille perpétuellement tourner dans le même cwcle, avec un progrès sans importance et presque digne de s^ris^
Le seul moyen que nous ayons pour faire goûter nos peuplées, c'est de tourner les esprits vers l'étude des faits, de leurs '^es et de leurs ordres ; et d'obtenir d'eux qu'ils s'interdisent ^r un temps l'usage des notions, et commencent à pratiquer % réalité. Bacon. Aphorismes.