IX. — Principe du droit de propriété
Encore que la terre et les créatures inférieures soient communes, chacun pourtant a un droit particulier sur sa propre personne.
Qu'on fasse différence entr« un arpent de terre où on a planté du tabac ou du sucre, ou semé du blé ou de Forge, et un arpeat de la même terre qui est laissé en commun, sans propriétaire qui en ait soin, et Ton sera convaincu que les effets du travail font la plus grande partie de la valeur de ce qui provient des terres. Je pense que la supputation sera bien modeste si je dis que, des productions des terres cultivées, neuf dixièmes sont les effets du travail. La conséquence de cette doctrine, c'est que je suis bien propriétaire de la chose que mon travail a créée. Car je puis dire que j'ai créé ce qui sans moi serait absolument inutile. Un champ en friche n'est rien ; il ne devient quelque €hose que par le travail humain. Il appartient donc de droit ^ celui qui Ta ensemencé et fécondé...
BERK£LET. 281
Qui, je vous prie, slmaginera qu'un autre homme lui fait tort i buvant, même à grands traits, deTeau d'une grande et belle Tière, qui, subsistant toujours tout entière, contient et présente finiment plus d'eau qu'il ne lui en faut pour étancher sa soif? En s'appropriant une terre par son travail et par son adresse, 1 ne fait tort à personne, puisqu'il reste toujours assez de terre i d'aussi bonnes, et même plus qu'il n'en faut à un homme qui e se trouve pas pourvu...
Si l'on passe les bornes de la modération et que l'on prenne lus de choses qu'on n'en a besoin, on prend ce qui appartient wx autres. Essai sur le gouvernement civil^ ch. vi.