I. — L'identité personnelle et le moi
mque a perdu la croyance à soa identité personnelle a bu X du Léthé ; le passé est anéanti pour lui à ses propres it il commence de vivre.
un a une notion claire et distincte de l'identité, et, si vous lez à un homme sensé si deux êtres sont le même être ou s êtres difiérents, il vous comprendra fort bien ; mais, si mlez une définition, on ne peut vous en donner aucune, on d'identité est trop simple pour admettre une définition . Je puis dire que c'est un rapport, mais les expressions aquent pour marquer la différence qui sépare ce rapport autre, quoique dans mon esprit je ne risque jamais de fondre. Je puis dire seulement que la diversité est le coule l'identité, que la ressemblance et la dissemblance sont ontraires que tout homme, sans les définir, peut dis- * très-nettement en lui-même de l'identité et de la di-
stence continue est le caractère et la condition de l'exisdentique. Ce qui a cessé d'exister ne peut être le même
que'ce qui commence à exister. D'où il suit que Fidentité ne peut s'appliquer rigoureusement à nos peines, à nos plaisirs, à nos pensées, à nos opérations qui commencent et qui cessent. Le plaisir d'aujourd'hui nVst pas le même plaisir que j'éprouTais hier, quand ils seraient semblables en espèce et en degré, et quand ils auraient la même cause. Toute action, toute pensée est successive comme ta durëe, doût deut moments ne peu?ent jamais être dits les mêmes.
Un des caractères de l'être identique est encore Tindivisibilité. Il est certain que diaque homme place sa i>ersonnalité dam quelque chose d'indivisible. Une partie de personne est une absurdité évidente. Un membre emporté, un accroissement d*elibdnpoint, ne changent pas la personnalité ; c'est la naôtiade de LeibnitK.
Mon identité personnelle implique l'existence continue de oai, être indivisible que j^appelle moi. Quel que soit ce moi, c'esl, quelque chose qui pense, qui agit, etc« Je ne suis ni pensée, iii{ action, ni sentiment ; je suis un être qui sent, qui agit et (\ pense. Mes actions, mes pensées, mes sentiments changent à | chaque instant : leur existence est successive ; mais oe moionjê\ auquel ils appartiennent est permanent, et il est le sujet commoo de toute cette succession de pensées^ d'actions et de sentimeoti que Rappelle miens.
Mais peut-^étre tout cela n'est-il qu'une vaine imaginatienfl Qui vous dit qu'il y ait un [sujet permanent de ces pensées, i^j ces sentiments que vous appelez vôtres ? Qui me le dit ? b mémoire.
Mais, si c'est la mémoire qui me fait connaître mon identité, «j n'est pas la mémoire qui la constitue. JTai fait ou pensé ce que j'iB' fait ou pensé, que ma mémoire me le rappelle ou non. Dire qo^ le souvenir d'une action, ou, selon l'expression inexacte de IiO(îfl^ la conscience d'une action est ce qui m'en constitue l'auteur, t»^ parait aossi absurde que de dire que croire à la création <i monde, c'est l'avoir créé.
On peut douter de l'identité d'êtres étrangers, et la détenni* nation de Pidentité des personnes a souvent donné matière i des procès sérieux ; mais nul n'a jamais douté de la sienne propre.
L'identité personnelle est l'identité parfaite : elle n'admet p* divers degrés ; elle est le type et la mesure naturelle de tioM les autres identités, qui sont imparfaites.
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La ootion générale d'identité dérive de la croyance i notre ntité personnelle.
}i]i nous apercevons une grande ressemblance, nous sommes rtés à mettre cette identité réelle avec laquelle nous sommes familiers.
Ja croyance à Tideniité des autres personnes n'est qu'une con* ture ; la croyance à notre propre identité est une certitude âncible.
L'identité des objets des sens n'est jamais parfaite ; car tous corps sont divisibles et dans un changement perpétuel ; mais, and le changement est graduel, nous laissons à l'objet son Bmier nom, et nous disons que c'est le môme objet. L'identité que nous attribuons aux corps, c'est-à-dire à des colîtions, naturelles ou artificielles, n'est donc pas une identité ritable. Mais la nôtre, ou celle de nos semblables, est incontesté, parfaite, et n'admet pas de degré ; elle est le fondement de it droit, de toute obligation, de toute responsabilité, et sa no- Q est fixe et précise. Rsm, OBuvres, III, ch. iv.
— La liberté pertoanelle. — Da fatalisme psychologique ou déterminisaie.
)n dit que de plusieurs motifs opposés le plus fort prévaut touirs ; mais cette proposition ne peut être affirmée ou niée avec maissance de cause tant qu'on ne sait pas distinctement ce 'il faut entendre par le motif le plus fort. )r je ne vois pas que ceux qui ont avancé cette proposition ame un axiome évident aient jamais essayé d'expliquer ce ils entendaient par ces mots, ni qu'ils aient donné aucun yeu pour comparer ou mesurer la force des motifs. Comment savoir si le motif le plus fort l'emporte toujours, si l'on lore quel est le motif le plus fort? Un pareil jugement implique toute nécessité quelque mesure commune, quelque balance au lyen de laquelle la force des motifs puisse ôtre appréciée ; car trement, dire que le plus fort l'emporte toujours, c'est pro- Dcer une phrase qui n'a pas de sens. Il nous faut donc chercher :te mesure ou cette balance, puisque ceux qui ont fait tant de id sur cet axiome nous ont laissés dans une incertitude compte sur le sens qu'il peut avoir. Dans le cas où les motifs coniirss sont de la même espèce, et ne diffèrent que par la quantité, Bit facile, j'en conviens, de déterminer quel est lé plus fort : ^si un présent de^ mille guinées est un motif plus fort qu'un
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présent de cent gninées ; mais quand ils sont d'espèce difffeenti comme l'argent et la réputation, le devoir et Tintérét, la sodé et le pouvoir, les richesses et l'honneur, je le demande, par qn moyen apprécierons-nous leur force comparative ?
De deux choses Tune, ou nous mesurons simplement cet force par le fait que l'un des motifs remporte sur l'autre, c nous avons quelque moyen de la déterminer.
Si nous la mesurons par la prédominance, et que par le ph fort motif nous entendions seulement le motif qui prévaut, sera très-vrai que c*est toujours le plus fort qui prévaut ; mai alors le célèbre axiome n'est plus qu'une proposition identique et signifie tout simplement que le motif le plus fort est le plit fort, proposition de laquelle il est assurément impossible d'ex* traire aucune conclusion. Reid, Œuvres^ IV, p. 207.
IIT. — La liberté d'indifférence.
Toute action délibérée doit-elle avoir un motif? La réponse cette question dépend du sens qu'on attache au mot délU Si, par action délibérée, nous entendons une action antéri< ment à laquelle des motifs ont été comparés et pesés (et parait être la signification originelle du mot), assurément pareille action implique des motifs, et des motifs conti autrement l'intelligence n*aurait pu les peser ; mais si par a( délibérée on entend simplement, comme il arrive tous les joi une action précédée d'une détermination calme et froide de U prit et accomplie avec prévoyance et volonté, je crois qui foule d'actions semblables sont faites sans motifs. C'est ici le d'en appeler à la conscience individuelle de chaque hoi Quant à moi, je fais chaque jour un grand nombre d'actioni signifiantes, sans avoir conscience d'aucun motif qui m'y mine. Que si l'on m'objecte que je puis être influencé par motif dont je n'ai pas conscience, non-seulement on met en ai une supposition dépourvue de toute preuve, mais on admet je puis être convaincu par une raison qui n'est jamais ent dans mon esprit.
Souvent un but de quelque importance peut être égal( atteint par des moyens différents ; en pareille circonstance, qui veut la fin ne trouve pas la moindre difiiculté à s'arrêter un de ces moyens, bien qu'il soit fermement convaincu qne moyen préféré n'avait aucun titre à cette préférence.