‹ Extraits des grands philosophesChapitre 26 sur 331 · LES VERS DORÉS ATTRIBUÉS A PTTHAGORE · texte numérisé non relu

LES VERS DORÉS ATTRIBUÉS A PTTHAGORE

... Rien n'est préférable à la juste mesure, qu'il faut observer en toutes choses.

N^abandonne pas tes yeux aux douceurs du sommeil avant d'avoir examiné par trois fois les actions de ta journée. Quelle faute ai-je commise ? Qu'ai-je fait ? A quel devoir ai-je manqué ? Commence par la première de tes actions, et parcours ainsi toutes les autres. Reproche-toi ce que tu as fait de mal ; jouis de ce que tu as fait de bien.

... Tu connaîtras, comme il est juste, que la nature est, en tout, semblable à elle-même. Alors tu cesseras d'espérer ce que tu es^ pérais en vain, et rien ne te sera caché.

Tu connaîtras que les hommes sont eux-mêmes les artisans de leurs malheurs. Infortunés! ils ne savent pas voir les biens qui sont sous leurs yeux ; leurs oreilles se ferment à la vérité qui leur parle. Combien peu connaissent les vrais remèdes de leurs maux ! C'est donc ainsi que la destinée blesse Tentendement des humains ! Semblables à des cylindres fragiles, ils roulent çà et là, se heurtant sans cesse et se brisant les uns contre les autres.

La triste discorde, née avec eux, les accompagne toujours et les blesse, sans se laisser apercevoir. Il ne faut pas lutter contre elle, mais la fuir en cédant.

Mortel, prends une juste confiance. C'est des dieux mômes que les humains tirent leur origine : la sainte nature leur découvre tous ses secrets les plus cachés. Si elle daigne te les communiquer, il ne te sera pas difficile de remplir nos préceptes. Cherche des remèdes aux maux que tu endures; ton âme recouvrera bientôt la santé.

Examine tout, donne à la raison la première place, et, content de te laisser conduire, abandonne-lui les rênes.

Ainsi, quand tu auras quitté tes dépouilles mortelles, tu monteras dans l'air libre, tu deviendras un dieu immortel, incorruptible, et la mort n'aura plus d'empire sur toi. [Trad. Lefèvre.)

Lies nombres et l*hannoiiie*

« Alexandre dit avoir lu, dans les commentaires des pythagoriciens, que l'unité est le principe de toutes choses ; que de là est venue la dualité, qui est infinie, et qui est subordonnée à l'unité comme à sa cause ; que de Tunité et de la dualité infinie proviennent les nombres, des nombres les points, et des points

32 LES ANGIENâ PEUPfiBS.

les lignes ; que des lignes procèdent les figures planes, des figures planes les solides, des solides les corps, qui ont quatre éléments, le feu, l'eau, la terre et Tair ; que de l'agitation et des changements de ces quatre éléments dans toutes les parties de l'univers résulte le monde, qui est animé, intellectuel et sphérique, ayant pour centre la terre, qui est de même figure et habitée tout autour; qu'il y a des antipodes, qu'eux et nous marchons pieds contre pieds ; que le soleil, la lune et les autres astres sont autant de dieux par l'excès de chaleur qu'ils communiquent et qui est la cause de la vie ; que la lune emprunte sa lumière du soleil ; que les hommes ont de Taffinité avec les dieux, en ce qu'ils participent à la chaleur, que pour cette raison la Divinité prend soin de nous ; qu'il y a une destinée pour tout l'univers en général, pour chacune de ses parties en particulier, et qu'elle est le principe du gouvernement du monde....

a Pythagore disait qu'en ce qui regarde l'homme, rien n'est plus considérable que la disposition de Tâme au bien ou au mal; la vertu, la santt^, et en général toute sorte de bien, sans en excepter Dieu même, sont une harmonie au moyen de laquelle toutes choses se soutiennent ; Tamitié est aussi une égalité harmonique. T> DiOGÊNE Laerce, trad. Lefèvre.

PHILOLAÛS.

a Philolaûs de Crotone fut de la secte de Pythagore... Ce philosophe mourut soupçonné d'aspirer à la tyrannie.

« Il était dans l'opinion que tout se fait par le moyen de la nécessité et de l'harmonie. Il enseigna le premier que la terre se meut en cercle, doctrine que d'autres attribuent à Hicétas de Syracuse. Il composa uc livre que Platon, lorsqu'il vint trouver Denys en Sicile, acheta des parents de Philolaûs pour la somme de quarante mines. Platon tira de c( livre des matériaux dont il se servit pour bâtir son Timée. »

DioGÈNK Laerce, ibid.

Le nombre réside dans tout ce qui est connu. Sans lui, il es

impossible de rien penser, de rien connaître Ce n'est pas seu

lement dans la vie des dieux et des démons que se manifeste l toute-puissance du nombre, mais dans toutes les actions et toute les paroles de l'homme, dans tous les arts et surtout dans 1 musique. Le nombre et l'harmonie repoussent l'erreur; le fatt ne convient pas à leur nature. L'erreur et l'envie sont filles d

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