‹ Extraits des grands philosophesChapitre 270 sur 331 · I. ~ Nécessité de la métaphysique · texte numérisé non relu

I. ~ Nécessité de la métaphysique

homme est le seul être qui s'étonne de sa propre existe ; l'animal vit dans son repos et ne s'étonnant de rien. !»Jature, après avoir traversé les deux règnes inconscients du éral et du végétal et la longue série du règne animal, arrive n dans Thomme à la raison et à la conscience ; et alors elle )nne de son œuvre et se demande ce qu'elle est. Cet étonneit qui se produit surtout en face de la mort, et à la vue de iestruction et de la disparition de tous les êtres, est la rce de nos besoins métaphysiques ; c'est par lui que l'homme un animal métaphysique. Si notre vie était sans fin et sans leur, peut-être ne serait-il arrivé à personne de se demander rquoi le monde est, quelle en est la nature : tout cela paraîtrait comprendre de soi-même. Mais nous voyons que tous les

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systèmes religieux ou philosophiques ont pour but dé répondre à cette question : qu^ a-t-il après la mort ? et quoique les religions paraissent avoir pour principal objet l'existence de leurs dieux, cependant ce éogme n'a d'iufluence sur l'homme qu'autant qu'il est Ué à celui de Timmortalité et qu'il en paraît inséparable. C'est ce qui explique aussi pourquoi les systèmes proprement matérialistes, ou absolument sceptiques, n'ont jamais pu obtenir une influence générale ni durable.

Les temples et les églises, les pagodes et les mosquées, dans tous les pays, dans tous les temps, témoignent du besoin métaphysique de l'homme. Il peut sie oontenter quelquefois de fables grossières, de contes absurdes ; mais quand on les a imprimés en lui d'a9sez bonne heure, ils suffisent à lui donner le sens de son existence et à soutenir sa moralité. Qu'on considère par exemple le Koran : ce méchant livre a suffi pour fonder une des grandes religions du monde, pour satisfaire depuis douze cents ans le besoin métaphysique d'innombrables millions d'hommes, pour devenir U base de leur morale, pour leur enseigner le mépris de la mort, pour leur inspirer l'enthousiasme des guerres sanglantes et des plus lointaines conquêtes. Nous y trouvons la forme la plus plate et la plus pauvre du théisme. Il peut avoir beaucoup perdu dans les traductions ; mais je n'y ai pas découvert une seule pensée de valeur. Cela montre simplement que la faculté métaphysique ne va pas toujours de pair avec le besoin métaphysique. Mais à l'origine, l'homme, plus près de la nature, en saisissait mieux le sens : voilà pourquoi les aïeux des Brahmanes, les Richis, en étaient arrivés à des conceptions siïrhumaines.

Le Monde comme volonté et représentation^ I, liv. ii, § 16.

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