Révolution, XII, vu
nv INTRODUCTION.
1° POLÉMIQUES d'histoire ET DE POLITIQUE; LES CAMPAGNES DE THIERRY (l81o-1820)
Ces hommes n'arrivèrent point du premier coup à la notion de l'histoire impartiale, à l'amour de la science pure et du travail désintéressé. Ceci est un fait caractéristique de l!esprit français au début du xix* siècle : les études historiques sourdirent, non de leur milieu naturel, de cet Institut où travaillaient sans gloire les derniers représentants de Saint-Maur et de l'Oratoire; mais de l'Université et de la jeunesse des écoles, alors passionnées par ces discussions politique's que la Restauration avait enfin permises et provoquées. L'histoire naquit à nouveau, non pas du paisible travail de cabinet, mais de la lutte des partis.
Montlosier, dans son livre sur la monarchie, parlait sans cesse de ces deux ennemis éternels, l'ancien et le nouveau peuple^, la noblesse des Francs et les Gaulois vaincus; il justifiait par l'histoire, comme Roulainvilliers un siècle auparavant, les droits de la noblesse. La Charte de 1814 faisait, elle aussi, de l'érudition à sa manière; elle proclamait, à peu près en ces termes : « L'autorité entière réside dans la personne du roi : mais les rois, nos prédécesseurs, ont affranchi les communes ; à leur exemple nous concédons une charte à nos sujets. »
Les hommes au pouvoir faisaient appel au passé pour demeurer les maîtres ; la jeunesse libérale y fit appel pour lancer ses principes. La parole appartenait surtout à ceux qui, par profession, enseignaient l'histoire^.
A peu de chose prés, les destinées de Guizot et de Thierry