‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 165 sur 246 · Dieppe, le Havre, la Rochelle, Cette, etc · texte numérisé non relu

Dieppe, le Havre, la Rochelle, Cette, etc

glise où les mères et les sœurs sont eu prières*. Et même dans les moments de trêve, quand l'Océan se tait, qui a parcouru cette côte funèbre sans dire ou sentir en soi : Trhlis usque ad modem!

C'est qu'en effet il y a là pis que les écueils, pis que la tempête. La nature est atroce, l'homme est atroce, et ils semblent s'entendre. Dès que la mer leur jette un pauvre vaisseau, ils courent à la côte, hommes, femmes et enfants; ils tombent sur cette curée. N'espérez pas arrêter ces loups, ils pilleraient tranquillement sous le feu de la gendarmerie*. Encore s'ils attendaient toujours le naufrage, mais on assure qu'ils l'ont souvent préparé. Souvent, dit-on, une vache, promenant à ses cornes un fanal mouvant, a mené les vaisseaux sur les écueils. Dieu sait alors quelles scènes de nuit! On en a vu qui, pour arracher une bague au doigt d'une femme qui se noyait, lui coupaient le doigt avec les dents'.

L'homme est dur sur cette côte. Fils maudit de la création, vrai Gain, pourquoi pardonnerait-il à Abel? La nature ne lui pardonne pas. La vague l'épargne-t-elle quand, dans les terribles nuits de l'hiver, il va par les écueils attirer le varech flottant qui doit engraisser son champ stérile, et que si souvent le flot apporte l'herbe et emporle l'homme? L'épargne-t-ellc quand il glisse en tremblant sous la pointe du Raz, aux rochers rouges où s'abîme Yenfcr de Ploffoff, à côté de la baie des Trépassés,

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