‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 181 sur 246 · MORT DU GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

MORT DU GOUVERNEUR

De Launey était mené, soutenu, dans ce grand péril, par deux hommes de cœur et d'une force peu commune, IluUin et un autre. Ce dernier alla jusqu'au Petit- Anloine et fut arraché de lui par un tourbillon de foule. Ilullin ne lâcha pas prise. Conduire son homme de là à la Grève, qui est si près, c'était plus que les douze travaux d'Hercule. Ne sachant plus comment faire, et voyant qu'on ne connaissait de Launey qu'à une chose, que seul il était sans chapeau, il eut l'idée héroïque de lui mettre le sien sur sa tête, et dès ce moment reçut les coups qu'on lui destinait. 11 passa enfin à l'Arcade- Saint-Jean; s'il pouvait lui faire monter le perron, le lancer dans l'escaher, tout était fini. La foule le voyait bien ; aussi, de son côté, fit-elle un furieux effort. La force de géant qu'IIullin avait déployée ne lui servit plus ici. Étreint du boa énorme que la masse tourbillonnante serrait et resserrait sur lui, il perdit terre, fut poussé, repoussé, lancé sur la pierre. Il se releva par deux fois. A la seconde, il vit dans l'air, au bout d'une pique, la tète de de Launey.

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