‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 183 sur 246 · PRISONNIERS GRACIÉS · texte numérisé non relu

PRISONNIERS GRACIÉS

La masse du peuple accumulé dans la salle ne demandait pas de sang ; il le voyait couler avec stupeur, dit un témoin oculaire. Il regardait bouche béante ce prodigieux spectacle, bizarre, étrange à rendre fou. Les armes du moyen âge, de tous les âges, se mêlaient; les siècles étaient présents. Élie, debout sur une table, le casque en tête, à la main son épée faussée à trois places, semblait un guerrier romain. Il était tout entouré de prisonniers, et priait pour eux. Les gardes françaises demandaient pour récompense la grâce des prisonniers.

A ce moment, on amène, on apporte plutôt, un homme suivi de sa femme ; c'était le prince de Montbarrey, ancien ministre, arrêté à la barrière. La femme s'évanouit, l'honnne est jeté sur le bureau, tenu sous les bras de

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douze hommes, plié en deux.... Le pauvre diable, dans cette étrange attitude, expliqua qu'il n'était plus ministre depuis longtemps, que son fils avait eu grande part à la révolution de sa province.... Le commandant de La Salle parlait pour lui et s'exposait beaucoup lui-même. Cependant on s'adoucit, on lâcha prise un moment. De La Salle, qui était très fort, enleva le malheureux.... Ce coup de force plut au peuple et fut applaudi....

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