‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 211 sur 246 · Voyez plus haut, p. 482, n. 2; et plus bas, p · texte numérisé non relu

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De toutes parts, en effet, se manifestait avec énergie le besoin d'une religion monothéiste, donnant pour base à la morale des prescriptions divines. Il vient ainsi une époque où les religions naturalistes, réduites à de purs enrantillages, à des simagrées de sorciers, ne peuvent plus suffire aux sociétés, où l'humanité veut une religion morale, philosophique. Le bouddhisme, le zoroastrisme, répondirent à ce besoin dans l'Inde, dans la Perse. L'orphisme, les mystères, avaient tenté la même chose dans le monde grec, sans réussir d'une manière durable. A l'époque où nous sommes, le problème se posait pour l'ensemble du monde avec une sorte d'unanimité solennehe et d'impérieuse grandeur.

La Grèce, il est vrai, faisait une exception à cet égard . L'hellénisme était beaucoup moins usé que les autres religions de l'Empire. Plutarque, dans sa petite ville de Béotie, vécut de l'hellénisme, tranquille, heureux, content comme un enfant, avec la conscience religieuse la plus calme. Chez lui, pas une trace de crise, de déchirement, d'inquiétude, de révolution imminente*. Mais il n'y avait que l'esprit grec qui fût capable d'une sérénité si enfantine. Toujours satisfaite elle-même, fière de son passé et de cette brillante mythologie dont elle possédait tous les Heux saints, la Grèce ne participait j)as aux tourments intérieurs qui travaillaient le reste du monde. Seule, elle n'appelait pas le christianisme; seule, elle vouhit. s'en passer; seule, elle prétendit mieux faire. Cela tenait à cette jeunesse éternelle, à ce patriotisme, à cette gaieté, qui ont toujours caractérisé le véritable Hellène, et qui, aujourd'hui encore, font que le Grec est comme étranger aux soucis profonds qui nous minent. L'hellénisme se trouva ainsi en mesure de tenter une renaissance qu'aucun

1. Voyez le livre de Gréard sur la Morale de Plularqiie, 1866.

autre des cultes de l'Empire n'aurait pu essayer. Auii% au iu% au IV* siècle de notre ère, l'hellénisme se constituera en religion organisée, par une sorte de fusion entre la mythologie et la philosophie grecques, et avec ses philosophes thaumaturges, ses anciens sages érigés en révélateurs, ses légendes de Pythagore et d'Apollonius, fera au christianisme une concurrence qui, pour être restée impuissante, n'en a pas moins été le plus dangereux obstacle que la religion de Jésus ait trouvé sur son chemin. Cette tentative ne se produisit pas encore au temps des Césars. Les premiers philosophes qui essayèrent une espèce d'alliance entre la philosophie et le paganisme, Euphrate de Tyr, Apollonius de Tyane et Plutarque, sont de la fin du siècle. Euphrate de Tyr nous est mal connu. La légende a tellement recouvert la trame de la biographie véritable d'Apollonius, qu'on ne sait s'il faut le compter parmi les sages, parmi les fondateurs religieux ou parmi les charlatans. Quant à Plutarque, c'est moins un penseur, un novateur, qu'un esprit modéré qui veut mettre tout le monde d'accord en rendant la philosophie timide et la religion à moitié raisonnable. Il n'y a rien chez lui de Porphyre ni de Julien. Les essais d'exégèse allégorique des stoïciens sont bien faibles. Les mystères, comme ceux de Bacchus, où l'on enseignait l'immortalité de l'âme sous de gracieux symboles, étaient bornés à certains pays et n'avaient pas d'influence étendue. L'incrédulité à la religion ofticielle était générale dans la classe éclairée. Les hommes politiques qui affectaient le plus de soutenir le culte de l'État s'en railliaicnt par de fort jolis mots. On énonçait ouvertement le système immoral que les fables religieuses ne sont bonnes que pour le peuple, et doivent être maintenues pour lui. Précaution fort inutile; car la foi du peuple était ellemême profondément ébranlée.

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A partir de l'avènement de Tibère, il est vrai, une réaction religieuse est sensible. Il semble que le monde s'ellraye de l'incrédulité avouée des temps de César et d'Auguste; on prélude à la malencontreuse tentative de Julien; toutes les superstitions se voient réhabilitées par raison d'État. Yalère Maxime donne le premier exemple d'un écrivain de bas étage se faisant l'auxiliaire de théologiens aux abois, d'une plume vénale ou souillée mise au service de la religion. Mais ce sont les cultes étrangers qui profitent le plus de ce retour. La réaction sérieuse en faveur du culte gréco-romain ne se produira qu'au II" siècle. Mainteiuuit,les classes que possède l'inquiétude religieuse se tournent vers les cultes venus de l'Orient. Isis et Sérapis trouvent plus de faveur que jamais. Les imposteurs de toute espèce, thaumaturges, magiciens, profitent de ce besoin, et, comme il arrive d'ordinaire aux époques et dans les pays où la religion d'État est faible, pullulent de tous côtés; qu'on se rappelle les types réels ou fictifs d'Apollonius de Tyane, d'Alexandre d'Abonotique, de Pérégrinus, de Simon de Gitton. Ces erreurs mêmes et ces chimères étaient comme une prière de la terre en travail, comme les essais infructueux d'un monde cherchant sa règle et aboutissant parfois dans ses efforts convulsifs à de monstrueuses créations destinées à l'oubli.

CONCLUSION. — • LA CRISE DU PREMIER SIECLE ! LUTTE ENTRE LE BIEN ET LE MAL

En somme, le milieu du premier siècle est une des époques les plus mauvaises de l'histoire ancienne. La société grecque et romaine s'y montre en décadence sur ce qui précède et fort arriérée à l'égard de ce qui suit. Mais la grandeur de la crise décelait bien quelque formation étrange et secrète. La vie semblait avoir perdu ses

mobiles; les suicides se multipliaient. Jamais siècle n'avait offert une telle lutte entre le bien et le mal. — Le mal, c'était un despotisme redoutable, mettant le monde entre les mains d'hommes atroces et de fous; c'était la corruption de mœurs, qui résultait de l'introduction à Rome des vices de l'Orient; c'était l'absence d'une bonne religion et d'une sérieuse instruction publique. — Le bien, c'était, d'une part, la philosophie, combattant à poitrine découverte contre les tyrans, défiant les monstres, trois ou quatre fois proscrite en un demi- siècle (sous Néron, sous Vespasien, sous Domitien) ; c'étaient, d'une autre part, les efforts de la vertu populaire, ces légitimes aspirations à un meilleur état religieux, cette tendance vers les confréries, vers les cultes monothéistes, cette réhabilitation du pauvre, qui se produisaient principalement sous le couvert du judaïsme et du christianisme.

Ces deux grandes protestations étaient loin d'être d'accord ; le parti philosophique et le parti chrtHien ne se connaissaient pas, et ils avaient si peu conscience de la communauté de leurs efforts, que le parti philosophique, étant arrivé au pouvoir par l'avènement de Nerva, fut loin d'être favorable au christianisme. A vrai dire, le dessein des chrétiens était bien plus radical. Les stoïciens, maîtres de l'empire, le réformèrent et présidèrent aux cent plus belles années de l'histoire de l'humanité. Les chrétiens, maîtres de l'empire à partir de Constantin, achevèrent de le ruiner. L'héroïsme des uns ne doit pas faire oublier celui des autres. Le christianisme, si injuste pour les vertus païennes, prit à tache de déprécier ceux qui avaient combattu les mômes ennemis que lui.

Il y eut dans la résistance de la philosophie, au premier siècle, autant de grandeur que dans celle du christianisme ; mais que la récompense de part et d'autre a été inégale ' Le martyr qui renversa du pied les idoles a sa

légende ; pourquoi Annaeus Cornutus, qui déclara devant Néron que les livres de celui-ci ne vaudraient jamais ceux de Chrysippe; pourquoi llelvidius Priscus, qui dit en face à Vespasien : « Il est en toi de tuer; en moi de mourir » ; pourquoi Démétrius h; Cynique, qui répondit à Néron irrité : « Vous me menacez de la mort; mais la nature vous en menace », n'ont-ils pas leur image parmi les héros populaires que tous aiment et saluent? L'humanité dispose-t-elle de tant de forces contre le vice et la bassesse, qu'il soit permis à chaque école de -vertu de repousser l'aide des autres et de soutenir qu'elle seule a le droit d'être courageuse, fière, résignée*?

Hadrien *.

L'état de santé de Trajan s'aggravait chaque jour. Il partit pour Rome, laissant le commandement de l'armée d'Antioche à Adrien, son petit-cousin et son petit-neveu par alliance. Une inflammation d'entrailles le força de s'arrêter à Sélinonte, sur la côte de Cilicie. II y mourut le 11 août de l'an 117, à l'àge de soixante-quatre ans. La situation était triste : l'Orient était en feu; les Maures,

1. Cf. Boissier, la ReUqion romaine d'Auguste aux Antonins 2 vol., 1874, en particulier la conclusion : « Le niouvenient religieu^ et philosophique du i" siècle prépara les voies au christianisme e*^ rendit son succès plus facile. La philosophie avait posé les plus grand^ problèmes et ne les avait pas résolus, la reli^non avait excité le^ esprits sans les satisfaire. Une fois jetés sur la route, ils voulaient arriver au but; ils étaient émus, troublés, pleins de désirs inassouvis et d'attente inquiète, affamés de croyance, prêts à suivre sans hésitation ceux ([ui leur apporteraient enlin ces biens précieux qu'on leur avait fait entrevoir sans les leur donner, la paix et la foi. On peut di."e qu'au i" siècle le monde entier « s'était levé » sous l'impulsion de l'esprit religieux et de la philosophie; il était debout, en mouvement, et, sans connaître le Christ, il s'était déjà mis de lui-mêiïie sur le chemin du christianisme. »

2. L'orthographe ancienne fcomme le montrent les inscriptions, les monnaies, etc.) est Hadrianus.

les Bretons, les Sannates devenaient menaçants. La Judée, réduite mais frémissante, semblait annoncer de nouvelles fureurs. Une intrigue assez obscure, qui parait avoir été dirigée par Plotine et Matidie, donna, dans ces circonstances critiques, l'empire à Adrien.

Ce fut un très bon choix. Adrien était un homme d'une moralité équivoque; mais ce fut un grand souverain. Spirituel, intelligent, curieux, il eut plus de largeur d'esprit qu'aucun autre César. D'Auguste à Dioctétien, il fut l'empereur qui constitua le plus. Sa capacité administrative était extraordinaire. Selon nos idées, il administra trop sans doute; mais il administra bien. Il fut l'organisateur définitif du gouvernement impérial; il marqua une époque capitale dans l'histoire du droit romain.

Jusqu'à lui, la maison du prince avait été la maison

R. premier personnage de l'État, une maison comme le autre, composée de domestiques, d'affranchis, de crétaires privés. Adrien organisa le palais : pour arrir aux offices palatins, il fallut désormais être chevalier; les domestiques de la maison de César devinrent des ^^BJBnctionnaires. Un conseil permanent du prince, com- I^^P^é surtout de jurisconsultes, prend des attributions ^^^réfinies; les sénateurs spécialement attachés au gouvernement sont déjà des com'iles (comtes) ; tout se fait par des bureaux, à la formation desquels le sénat prend sa part, et non par la volonté directe du prince. C'est toujours le despotisme, mais un despotisme analogue à celui de l'ancienne royauté française, tempéré par des conseils, des cours et des magistrats indépendants.

iLes améliorations sociales sont plus importantes core. Un bon et grand esprit de vrai libéralisme et lumanité se manifeste en tout ; la position de l'esclave

les excès de l'autorité paternelle sont limités; ce qui restait de sacrifices humains est supprimé.

Le caractère personnel de l'empereur répondait à ce qu'il y avait d'excellent dans ces réformes. Adrien se montrait avec les humbles d'une affabilité charmante, et ne pouvait souffrir que, sous prétexte de majesté, on lui enlevât son plaisir suprême, le droit d'être aimable.

C'était, malgré tous ses défauts, un esprit vif, ouvert, original. Il aima Épictète et le comprit, certes sans s'obliger à suivre ses maximes. Rien ne lui échappait; i' voulait tout savoir. Dégagé de cette morgue et de ce parti pris qui rendaient le vrai Romain si fermé à la connaissance du reste du monde, Adrien avait du goût pour les choses exotiques; il s'y plaisait, s'en moquait avec esprit. L'Orient surtout l'attirait. Il en voyait les impostures, le charlatanisme, et s'en amusait. Il se faisait initier à toutes les bizarreries, fabriquait luimême des oracles, composait des antidotes et se raillait de la médecine. Comme Néron, ce fut un lettré, un artiste, sur le trône. Sa facilité pour la peinture, la sculpture, l'architecture était étonnante, et il faisait de jolis vers; mais son goût n'était pas pur; il avait ses auteurs favoris, des préférences singulières. En somme, petit littérateur, architecte théâtral. II n'adopta aucune religion ni aucune philosophie; mais il n'en niait aucune. Sou esprit distingué se balança toujours comme une girouette amusée à tous les vents; l'élégant adieu à la vie qu'il murmura quelques moments avant sa mort,

Animula vagula, blandula....

donna sa mesure. Toute recherche aboutissait pour lui à une plaisanterie, toute curiosité à un sourire. Même la souveraineté ne le rendit qu'à demi sérieux; sa tenue

avait l'aisance et l'abandon de l'homme le plus « ondoyant et divers » qui lïit jamais.

Cela le fit tolérant. H ne retira pas les lois restrictives qui frappaient indirectement le christianisme et le mettaient en perpétuelle contravention; il les laissa plus d'une fois appliquer; mais personnellement il en atténua l'efTet. Sous ce rapport, il fut supérieur à Trajan, qui, sans être philosophe, avait une doctrine d'État tout à fait arrêtée, et à Antonin et Marc-Aurèle, hommes à principes, qui crurent bien faire en persécutant. Les mauvaises mœurs d'Adrien eurent sous ce rapport un bon effet. C'est le propre de la monarchie que les défauts des souverains servent au bien public encore plus que leurs qualités. La légèreté d'un rieur spirituel, d'un Lucien couronné, prenant le monde comme un jeu frivole, fut plus favorable à la liberté que la gravité sérieuse et la haute moralité d'empereurs accomphs.,..

Adrien mit un an à revenir à Rome, inaugurant tout d'abord ces habitudes voyageuses qui devaient faire de son règne une perpétuelle course d'amateur à travers les provinces de l'Empire. Après une autre année consacrée aux soucis les plus graves de l'administration, et fertile en réformes constitutionnelles, il partit pour une tournée qui lui fit visiter successivement la Gaule, les bords du Rhin, la Bretagne, l'Espagne, la Mauritanie, Carthage. Sa vanité et ses goûts d'antiquaire lui faisaient rêver le rôle de fondateur de ville et de restaurateur des souvenirs antiques. Il n'aimait pas, d'ailleurs, pour les soldats, l'oisiveté des garnisons, et il voyait dans les grands travaux publics une manière de les occuper. De là ces innombrables constructions qui datent du règuc d'Adrien, routes, ports, théâtres, temples. 11 était entouré d'une nuée d'architectes, d'ingénieurs, d'artistes, enrégimentés

comme une lt>gion. Tout semblait renaître dans les provinces où il portait ses pas; tout était remis à neuf. A l'instigalion do l'empereur, de vastes sociétés par souscription se formaient pour les grands travaux; l'État, d'ordinaire, s'inscrivait parmi les actionnaires. Pour peu qu'une ville eût eu de la célébrité, et qu'il en fût parlé dans les auteurs classiques, elle était sûre de se voir relevée par le César archéologue. C'est ainsi qu'il embellit Carthage et y ajouta un quartier nouveau; de toutes parts, les villes tom])ées en décadence sortaient de leurs ruines et prenaient le nom de CoJon'ia JEVia Hadriana. Après un court séjour à Rome, où il rétablit l'enceinte du pomoerium, dans le courant de Tan 121, il partit pour un autre voyage, (pii dura environ quatre ans et demi, et lui fit voir tout l'Orient. Ce voyage fut plus brillant encore que le premier. On eût dit que le vieux monde ressuscitait sous les pas d'un dieu bienfaisant. Merveilleusement au courant de l'histoire ancienne, Adrien voulait tout voir, il s'intéressait à tout, voulait qu'on restaurât tout ce* qui avait existé. On cherchait, pour lui plaire, à faire revivre les arts perdus; un style néo-égyptien devint à la mode; on fit aussi du néo-phénicien. Autour de lui pullulaient les philosophes, les rhéteurs, les critiques. C'était Néron moins la folie. Une foule de vieilles civilisations disparues aspiraient à renaître, non effectivement, mais dans les écrits des archéologues et des historiens. C'est ainsi qu'on vit Ilerennius Philon, de Byblos, peut-être sous l'inspiration directe do l'empereur, tenter de retrouver la vieille Phénicie. Des fêtes nouvelles, des jeux hadrianicns, renouvelés des Grecs, rappelaient une dernière fois l'éclat de la vie hellénique; c'était comme une renaissance universelle du monde antique, renaissance brillante, mais peu sincère, un peu théâtrale ; chaque pays, au sein de la grande patrie romaine, retrou-

vait ses litres de noblesse et s'y attachait. On songe, en étudiant ce singulier spectacle, à l'espèce de résurrection des morts dont notre siècle a été témoin, quand, dans un moment d'universelle bienveillance, il se mit à tout restaurer, à rebâtir les églises gothiques, à rétablir les pèlerinages tombés en désuétude, à remettre en vogue les fêtes, les usages anciens*.

Adrien, plus grec que romain par la culture de l'esprit, favorisait ce mouvement éclectique et y contribuait puissamment. Ce qu'il fit en Asie Mineure fut vraiment prodigieux. Cyzique, Nicée, Nicomédie se relevèrent par ses soins; des temples de la plus riche architecture éternisèrent partout la mémoire du souverain lettré qui semblait vouloir qu'un monde rajeuni datât de lui. La Syrie ne fut pas moins favorisée. Antioche et Daphné devinrent le séjour le plus délicieux du monde ; les combinaisons de l'architecture pittoresque, les fantaisies du paysagiste, les tours de force de l'hydraulique y furent épuisés. Pal-

1. Qu'il nous soit permis, pour montrer les procédés de travail, de composition et d'exposition de Renan, de faire la dissection de ce dévclopponicnt. La première piirase fournit le cadre historique et gôoi^rapiiiquo ; elle est empruntée au biographe d'Iladrien (Spartien, Histoire Auguste, Vie (lliadrien,W\). Puis vient l'indication de l'idée générale que Renan va développer (le vieu.v monde ressuscité). Voici maintenant les faits qui la prouvent, faits tous empruntés à des documents ou des monuments choisis par la critique la plus scrupuleuse pour le style néo-é(jiiptien, les sculptures fournies par les ruines de; la villa d'Iladrien à Tivoli ; pour le styte néo-phénieien ,\g<. ruines étudiées par Renan lui-même dans sa mission en IMiénicie ; pour la littérature arcliéologiqne, les écrits qui nous en restent ; pour la vie municipale dans le inonde hellénique, les inscriptions du Corpus inscriptiomim (jraecarum. Puis la conclusion, où reparait sous une autre forme l'idée présentée au début [renaissance universelle). Enfin la comparaison (avec le réveil religieux et gothique du romantisme), comparaison (jui ne fait jamais défaut dans les développements achevés laissés par Renan. Quand on constate ainsi la précision de lV/»r/ ///.se (chaque fait appuyé sur un document catégorique), l'habileté de la synthèse (groupement de ces faits), la rigueur de la conclusion qui s'en dégage, et la grâce exquise dont est enveloppé ce qui, apr-JS tout, est une simple opération scientifique, on pourra regarder cette page comme im modèle de travail historique et de parfaite union entre l'art et la science.

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