‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 26 sur 246 · LES HISTORIENS DE LA REVOLUTION '. THIERS ET MIGNET · texte numérisé non relu

LES HISTORIENS DE LA REVOLUTION '. THIERS ET MIGNET

Entre ces deux écoles, ou plutôt ces deux tendances historiques, y école philosophique et Vécole uan'ative, les critiques de 1850 faisaient une place à part à ce qu'ils appelaient X école fataliste'^ : elle était représentée parles deux historiens de la Révolution, Thiers et Mignet, dont les œuvres parurent en 1825 et 1824. — On lui donnait ce nom parce que l'un et l'autre voyaient dans la Révolution le développement logique de causes données ; que l'un et l'autre regardaient la Terreur comme un mal nécessaire : sans elle on n'eût pu sauver la patrie. « La résistance intérieure », disait Mignet, « a conduit à la souveraineté de la multitude, et l'agression du dehors à la domination militaire. » « La Révolution », écrivait Thiers, « prit enfin le caractère militaire, parce qu'au milieu de cette lutte perpétuelle avec l'Europe il fallait qu'elle se constituât d'une manière solide et forte. » « Le 18 Rrumaire était nécessaire. » Et la parole suivante de Mignet résume bien les opinions essentielles et communes de l'un et l'autre écrivain : « Lorsqu'une réforme est devenue nécessaire, et que le moment de l'accomplir est arrivé, rien ne l'empêche, et tout la sert. »

Toutefois ni Thiers ni Mignet ne sont, tant s'en faut! des théoriciens et des philosophes. Leurs livres ne rappellent rien moins que ceux de Guizot ou de Tocqueville. Quelques réflexions, assez banales, on le voit, à propos de chaque

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