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Cela a été très bien vu par Monod, Renan, etc., p

5. L'auteur diirapport de 1867, Tliirnot, disait : « Si l'art a perdu [cela est douteux : l'art est aussi

grand chez Renan que chez Tliierry], la science a gagné. C'est dans là nif'thode historique que s'est révélé le progrès. »

A. Littérature anglaise, préface.

xciv INTRODUCTION.

pour justifier, à leur propos, ses théories de psychologie historique ; ce sont, pour lui, moins des objets de recherches que des exemples de démonstration.

VEiisai sur Tilc-Livc^ est la première manifestation bien nette de la méthode historique que Taine conservera jusqu'à la lin de sa vie.

L'histoire est, pour lui, plutôt que la science des faits, celle des âmes, ou mieux encore la recherche des états d'âme, cl. des peuples et des individus. Aussi bien n'y a-t-il pas grande dilFérence entre le caractèi'e d'un homme et d'une nation. La définition ({u'on peut donner du talent de Tite-Live tient dans une formule qui conviendrait sans peine au peuple romain tout entier :

« Son génie oratoire conforme à son caractère, qui est celui d'un citoyen et d'un honnête homme, romain comme son caractère, explique le reste. »

Ce même procédé, Taine l'appliquera au peuple anglais : il montrera, dans la Littérature, comment du climat, de la race, de la conquête sont dérivés son tempérament et son histoire. Montesquieu les avait déduits surtout de lois politiques, Taine les déduit surtout de lois physiques :

« J'ai clioisi l'Ang-leterre, parce qu'étant vivante encore et soumise à l'observation directe, elle peut être mieux étudiée qu'une civilisation détruite dont nous n'avons plus que les lambeaux,> et parce qu'étant différente, elle présente mieux que la France des caractères tranchés aux yeux d'un Fran(,'ais. D'ailleurs il y a cela de particulier dans cette civilisation, qu'outre son développement spontané, elle oflre une déviation forcée, qu'elle a subi la dernière et la plus efficace do toutes les conquêtes, et que les trois données d'où elle est sortie, \n race, la climat, l'invasion normande, peuvent être observées dans les monuments avec une précision parfaite. »

De telles théories et de telles propositions sont, pour la vraie méthode historique, un grave danger : à force de s'en pénétrer, quelques imitateurs de Taine ont fait courir à la vérité de réels périls. Certes il a eu raison de dire, comme l'avaient dit Montesquieu, Thierry ou Michelet, que le climat, la race ou le sol sont des éléments primordiaux de toute étude historique, mais le caractère d'un peuple ne s'en déduit pas né-

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