‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 69 sur 246 · Cf. p. 312etsuiv. j 2. Cf. p. 503, n · texte numérisé non relu

Cf. p. 312etsuiv. j 2. Cf. p. 503, n

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"qîi'il est à chaque époque, il est le produit et le résumé de toutes les époques antérieures. S'il descend en son âme, il peut retrouver et distinguer ces différentes époques d'après ce que chacune d'elles a laissé en lui. »

La Cité Antique est une thèse : — la religion des morts est à l'origine des croyances de l'humanité; c'est elle qui, dans le monde antique, a été le principe de la famille. La famille a constitué la cité, et la religion municipale s'est développée sur le modèle de la religion familiale. Quand le christianisme eut détruit cette religion familiale, une société nouvelle s'établit.

Cette thèse peut être discutée. On lui a reproché de reposer sur le faux raisonnement du cum hoc, ergo propter hoc^. — Que le culte des morts se rencontre à l'origine des religions humaines, cela ne prouve pas que le sentiment religieux ait commencé par là. — Qu'il soit inséparable de la vie de famille, cela ne prouve pas qu'il en soit le principe. — Que la famille soit l'élément essentiel de la cité, cela ne prouve pas qu'elle en ait été la force constitutive. — Que les conditions du gouvernement se soient modifiées avec le triomphe du clnnstianisme, cela ne prouve pas que le changement de religion ait réformé la société. — Et d'une manière générale, si les croyances des hommes se modifient en même temps que leurs institutions, il n'en résulte pas qu'elles soient la cause principale de CCS transformations 2.

La vérité peut-être est que le culte des morts n'a constitué ni la famille |ii la cité, mais qu'il s'est tout naturellement adapté à l'une et à l'autre; il s'est appliqué au cadre social; il a fourni à la société anticjue ({uelques-unes de ses formules, de ses institutions, de i îs habitudes maîtresses. Il n'en a pas été l'élément primordia^L. — De la même manière le christianisme n'a point changé les conditions du gouvernement; Fustel de Coulauges montrera lui-même plus tard^ que le christianisme viendra, en quelque sorte, se plaquer sur le gouvernement civil pour lui donner sa formule et comme sa couleur

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