‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 77 sur 246 · Inédit. Cf. le livre de M. Paul Guiraud · texte numérisé non relu

Inédit. Cf. le livre de M. Paul Guiraud

INTRODUCTION. cxv

ses volumes sur la Révolution, flagellait impitoyablement, de ses textes et de ses colères, l'idole jacobine.

Plus conciliant, à son habitude, était Renan. Il s'eftarouclie certes à certains moments : en sa qualité d'homme d'esprit et de travailleur paisible, il redoute cette démocratie « à l'américaine » qui envahit la France'. « J'étais fait », disait-il, « pour une société fondée sur le respect, où l'on est salué, classé, placé d'après son costume, où l'on n'a point à se protéger soi-même. » Puis, s'apercevant qu'après tout, cette démocratie le laisse travailler à sa guise, lui donne honneurs, gloire et popularité incessante, il reconnaît qu'il ne faut point désespérer d'elle, et il conclut qu' « on pourra se procurer, en un tel monde, des retraites fort tranquilles ». « Laissons donc, sans nous troubler, les destinées de la planète s'accomplir * », et, j'ajoute, faisons notre métier d'historien.

Les deux nouvelles œuvres de Taine et de Fustel de Coulanges commencèrent à paraître la même année, en 1875.

Les Origines de la France contemporaine prêtent, comme travail d'histoire, à un certain nombre de critiques.

C'est une œuvre de dénigrement et de colère. Michelel avait vu dans la Révolution une création de l'amour ; TaiiK' v a vu le produit de la jalousie et de la haine. Peut-être a-l-il plus souvent raison que Michelet; mais, à son tonr. il a êciit un livre de passion, on dirait de rancune. Nulle pari, je crois, il ne parle avec sympathie d'un homme on d'une chose. Yoyez comme insensiblement, dans son portrait de ces hommes de travail et d'actio'u qui furent Jeanbon Saint-André, Carnot et Prieur, il arrive de l'éloge apparent à la condannudion suprême-''. Si la foule applaudit et pleure, c'est qu'elle est puérile; si elle menace, c'est qu'elle est bête fauve : toujours grotesque ou tragique. Le tableau que Taine fait des qualités maitresses.de Danton est un chef-d'œuvre de notre littérature *; le lecteur attend un mot de conclusion qui admire, mais Taine arrête brusquement l'enthousiasme qu'il a fait iiailre :

\. Souvenirs, i).y.\in. \ 3. Ici, p. 580.

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