Las Cortes
do leur gouvernement intérieure Le pouvoir despotique s'autorisa de cette négligence pour les frapper, au nom de la prescription, d'une incapacité perpétuelle.
Le flux et le reflux des successions féodales amena en Espagne des rois de race étrangère-; ils achevèrent sans scrupule l'œuvre de tyrannie que le mauvais génie des nations avait inspirée déjà aux premiers chefs qui réunirent tout le pays sous une autorité unique 3. Les assemhlées ne furent plus qu'une omhre devant la réalité du pouvoir. Cependant, jusqu'au milieu du xvii^ siècle, les cortès de la Castille ne cessèrent de porter leurs doléances d'un ton quelquefois énergique, et de traiter d'illégitimes les actes arbitraires des rois : mais ces voix courageuses se perdirent dans le silence de toute l'Europe , il n'y avait plus d'écho nulle part pour les accents de l'indépendance.
Telle fut la destinée de la terre reconquise par les fils des compagnons de ce roi bandit par patriotisme, à qui la tradition donne le nom peu authentique de Pelage. Dans les provinces du nord-est qui formèrent les territoires de Catalogne et d'Aragon, pays arrachés par les armes des Franks aux armes des Sarrasins, il subsista toujours quelques traces de cette délivrance étrangère; la main du vainqueur y demeura longtemps empreinte ; les formules politiques de ces contrées admirent les noms de serf et de maître, de tributaire et de supérieur. Toutefois, à côté de la dépendance héréditaire qu'elles imposaient à une partie des hommes, les lois de l'Aragon étabhssaient, pour les puissants du pays*, une indépen-